‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 178 sur 293 · Ibid., ch. IV, p · texte numérisé non relu

Ibid., ch. IV, p

car les fanatiques en viennent à dire : « Cela seroit injuste à la vérité en d'autres cas, mais, s' agissant de l'intérêt de l'Eglise, il n'y a rien de plus juste*. » De là naissent des excès comme les dragonnades, les « saccagements » réciproques, et surtout les guerres civiles,où la rébellion des uns,illégale en principe, est justifiée en fait par les persécutions des autres.

Une quatrième raison pour laquelle il repousse le sens littéral, c'est que cette interprétation fournirait « un prétexte très-plausible et très-raisonnable aux infidèles de ne laisser entrer aucun chrétien dans leur pays, et de les chasser de tous les lieux où ils les trouvent » *. Il se demandait en effet quelle serait la conduite des catholiques si les habitants de « la Terre Australe » leur envoyaient des missions, et il estimait, près d'un siècle avant Voltaire, qu'un empereur de Chine n'aurait pas tort de bannir les missionnaires d'une doctrine intolérante ^.

« Je ne vois pas qu'on puisse nier, disait-il, qu'il en va de la religion chrétienne comme d'un homme qui s'élève en Tartufe dans les hautes dignités,par lé mépris des injures, par les austérités, par la soumission, par la civilité la plus populaire, et qui tout d'un coup lève le masque, étant arrivé à ses fins, et devient le fléau du genre humain par ses cruautés et par sa fierté tyrannique *. * Et il développait cette comparaison entre les procédés de Tartufe et ceux de l'Eglise, qui, après s'être imposée au monde au nom de la liberté de conscience, la refuse à tous du jour où elle en p le pouvoir. Encore ose-t-elle imputer à son fondateur des maximes d'intolérance que Jésus aurait certainement repoussées, et qui, d'ailleurs, ne constitueraient nullement une justification suffisante ^.

Bayle réfute encore le sens littéral <' par la raison qu'il ne

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