Ibidem
peut être exécuté sans des crimes inévitables»'. La désobéissance légitime des hérétiques à des édits injustes ne saurait excuser les persécutions : non seulement les lois religieuses ne regardent pas les souverains *, mais encore les « dragonneries » furent le prétexte d'injustifiables excès ^ ; et, tout comme un véritable théologien, Bayle démontre alors quel fut le péché des confesseurs qui donnèrent l'absolution aux soldats de Louvois *.
Il fait encore remarquer que le sens littéral, l'apologie de la contrainte «ôte à la religion chrétienne un fort argument dont elle se sert contre le mahométisme », puisque c'est surtout le fanatisme de ses sectateurs que Rome reproche à rislam ^. Puis il constate que cette interprétation a été inconnue des Pères de l'Eglise pendant de longues années ^. Certains même, comme Athanase, protestèrent au nom de Jésus contre les persécutions. « Cette preuve, ajoutait-il, serait forte contre ceux de l'Eglise romaine, si c'étaient des gens qui eussent des principes fixes; mais ce sont des Protées qui s'échappent par mille tours de souplesse et font toutes sortes de métamorphoses quand on croit les tenir ^. » Il montre encore, et c'est là un de sea arguments favoris ^, que la justification des persécutions aurait une valeur générale, et rendrait « vaines les plaintes des premiers chrétiens contre les persécutions païennes » ^.
Enfin, sa neuvième et dernière réfutation du sens littéral consistait simplement à développer l'argument précédent en le complétant par le raisonnement fondamental de son scepticisme : la valeur relative des religions. Il contestait