Ibid,, ch. IX, p
en eifet le sens littéral « par la raison qu'A exposerait le» vrais chrétiens à nne oppression continuelle, sans qu'on pût rien aUéguer pour en arrêter le cours que le fonds même des^ doemes contestés entre les persécutés et leurs persécuteurs ; ce qui n'est qu'une chétive pétition de principe qui n'empêcherait pas que le monde ne devint un coupe-gorge » ' . Et ceci nous ramène à ce que Bayle disait déjà dans la critique de Maimbourg, et nous montre par quoi, inévitablement, il va se trouver en contradiction avec la majorité des protestants.
Mais voyons maintenant quelles sont les objections des intolérants signalées par Bayle et réfutées par lui, puisque c'est là le but de la seconde partie du Comuneniaire.
Voici la première de ces objectioni? : « On n'use point de violence afin de gêner la conscience, mais pour réveiller ceux qui refusent d'examiner la vérité. » A quoi Bayle répond que la persécution, au contraire, empêche les victimes de choisir avec discernement ; que 1' « opiniâtreté * reprochée aux hérétiques eat tout simplement la persévérance dans la religion qu'ils jugent la meilleure ; enfin (et ceci est bien caractéristique), que l'évidence n'est en somme qu'une qualité relative*.
On lui objecte encore que 1' « on rend odieux le sens littéral en jugeant les voies de Dieu par les voies des hommes; encore que les hommes soient en état de mal juger quand ils agissent par passion, il ne s'ensuit pas que Dieu n^^fasse son œuvre là-dedans par les ressorts de sa providence ». Mais Bayle répond qu'il est plaisant de comparer les persécutions à la boue que Jésus employait pour rendre la vue aux aveugles ; que, nonobstant ces habiles comparaisons, on n'a nullement le droit de corriger par la violence les vices qui ne nuisent pas immédiatement à l'Etat, et qu'enfin, les tortures n'ont jamais remédié à aucun mal, comme le dit Montaigne \