Ihid., ch. II» p
LE XVir SIÈCLE 287
Objectera-t-on, d'autre part, qu'on aggrave « malignement»l'importance des paroles duChristen concluant qu'eUea . légitiment les tortures et la peine capitale, tandis qu'on pourrait s'en tenir à de moindres châtiments ? En ce cas, Baylè répondra que les supplices lents et insidieux sont lea plus terribles. « Les protestants, dit-il, se plaignent dans leurs écrits qu'ils aimeroient mieux avoir été persécutez à la mode de François I«f et de Dioclétien qu'à la mode de Louis XIV. » Et il s'indigne de voir fanatiques français et espagnols disputer sur les services qu'ils ont respectivement rendus à l'Eglise catholique lorsqu'il s'agit, à vrai dire,de telles cruautés
Puis, si l'on croit pouvoir légitimer les persécutions par l'exemple de la théocratie juive, Bayle répondra, non seulement que comparaison n'^est pas raison,mais encore qu' « il ne faut pas confondre politique et religion » *.
On dit aussi que, s'ils nient le sens littéral du « compelle irUrare », les protestants condamnent par suite tous les empereurs ou Pères de l'Eglise qui ordonnèrent ou approuvèrent les supplices d'hérétiques. Ici, Bayle, qui n'ignorait pas les distinguo théologiques, use, mais dans une mesure peut-être légitime, de ce procédé souvent dangereux : il excuse, en effet, l'intolérance de certains princes protestants à l'égard du papisme en posant ce principe : « Un parti qui, s'il était le plus fort, ne tolérerait point l'autre, mais le violenterait dans sa conscience, ne doit pas être toléré ** » .3 ] i
Il n'admettait nuUement, d'autre part,que la tolérance fût préjudiciable à la tranquillité des Etats ; et, Biprès avoir déclaré que, si les princes doivent être les nourriciers de l'Eglise, cela ne veut pas dire qu'ils doivent proliiber toutes les religion"; au profit d'une seule, il démontrait sans aucune diflSculté q»ie c'ent précisément l'intolérance qui peut rendre