Ibid., ir p., ch. V. p
nuisible à la paix publique la diversité des religions ; mieux valait efi tous les cas, d'après lui, la bigarrure des sectes que le carnage *.
Enfin, il ne voyait nullement que ce fût une ol^jection que de dire : si l'on admet la tolérance pour une religion dissidente, il faut l'admettre pour toutes. Il acceptait parfaitement cette conséquence, l'universalité de la tolérance, et ne voyait aucune difficulté à l'étendre à toute secte religieuse, voire même aux blasphémateurs *.
Il proclamait encore et démontrait les droits de la conscience errante, en se basant naturellement sur l'impossibilité de démontrer de quel côté est la vérité 3. C'était d'ailleurs en s'appuyant sur ce même principe que, dans le « Supplément » au Commentaire y il prouvait l'impossibilité de définir l'hérésie \
Quant à la troisième partie, qui était une réponse directe au livre sur la conformité de la conduite de l'Eglise gallicane avec celle de l'Eglise d'Afrique ^, elle réfutait méthodiquement les lettres de saint Augustin, beaucoup plus méthodiquement, à vrai dire, que n'en valait la peine l'argumentation de l'évêque d'Hippone,
A la suite de cette analyse, il ne sera évidemment pas inutile de formuler un jugement d'ensemble sur l'œuvre de Bayle, sur ses tendances et sur l'influence qu'elle exerça par la suite ; mais auparavant, il nous faut encore résumer les grandes lignes de la controverse entre réfugiés, qui en fut jusqu'à un certain point la conséquence.
Jurieu,.qui avait été l'ami et l'admirateur de Bayle, devint, après la publication du Commentairey son contradicteur, et l'on peut même dire son ennemi le plus acharné, car il avait en lui l'âme d'un Calvin. Déjà, il avait lutté contre