‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 187 sur 293 · Sur Isaac Papin, cf. Frank Puaux, op. cit., p · texte numérisé non relu

Sur Isaac Papin, cf. Frank Puaux, op. cit., p

« 1° Que le socinianisme est une religion toîcrable et dans laquelle on se peut sauver ;

« 2^ Que l'on se peut sauver en toutes religions, à la faveur de la bonne foi ou de la bonne intention ;

« 3° Qu'on ne pèche point en suivant les mouvements de ^a conscience, quelque mauvaise que soit l'action ;

« 4° Qu'il n'y a point d'autres hérétiques que ceux qui combattent la vérité contre leur conscience ;

« 5° Qu'on n'est point blasphémateur si l'on ne blasphème contre ses propres principes ;

« 6° Que la piété et la raison obligent à la tolérance, tant civile qu* ecclésiastique, de toutes les hérésies ;

« T Que le magistrat n^est point en droit d'employer son authoriié pour abattre Vidolâtrie et empesch^r les progrès de rhérésie,

« ....Ëtc *

A la même époque, Jurieu publia son Tableau du socinianisme, où. il se lamentait sur les progrès visibles des idées de tolérance et déclarait qu'il était temps de s'opposer par tous les moyens à la propagation de ce mouvement. Enfin, en 1681, il parvint encore à faire condamner l'excellent livre de Gédéon Huet, V Apologie pour les vrais tolérants *, où l'auteur démontrait qu'il n'y avait rien d'incompatible entre la tolérance et la foi !a plus sincère et la plus orthodoxe ; Huet en arrivait d'ailleurs à des conclusions qui ressemblaient assez à celles de Bayle ^ pour que Jurieu en fût outré. Il y avait eu cependant quelques résistances, et c'est à ce proposque Jurieu jugea bon d'écrire son Apologie personnelle, qui eut peut-être un succès momentané, mais qui par la suite, après qu'Elie Saurin * eut ramené le calme dans les esprits, n'empêcha pas l'idée de tolérance de s'imposer

1. Cf. Frank Puaux, op. cit., XV pièc«» justificative, p. 200.

2. O. Huet, Apologie pour les vrais tolérons..., Dordrecht, lODO.

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