‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 192 sur 293 · Ibidfm · texte numérisé non relu

Ibidfm

r>. Ibid., p. 149.

peut intervenir que dans le domaine temporel, car « notre entendement est d'une telle nature qu'on ne pourrait le porter à croire quoi que ce soit par la contrainte » ; enfin 3°, s'il est légitime et même nécessaire de donner de sagesconseils, 1g contrainte doit être bannie lorsqu'il s'agit de forcer les convictions d'autrui, et le magistrat qui userait de ce procédé ne réussirait même pas à faire son propre salut *. Locke va maintenant procéder de même pour déterminer les droits de l'Eglise. Une Eglise, d'après lui,est une « société d'hommes qui se joignent volontairement ensemble pour servir Dieu en public et lui rendre le culte qu'ils jugent lui être agréable, et propre à leur faire obtenir le salut ». Cette association est libre et volontaire, « puisqu'il n'y a personne qui soit membre né d'aucune Eglise », la religion n'étant pas, contrairement aux apparences, une sorte d'héritage moral *. La conséquence immédiate de cette définition est que cette société, étant libre, a le droit de se donner à elle-même ses lois. Celles-ci, d'ailleurs, ne doivent intéresser que le culte ; en dehors de cet objet, elles peuvent simplement conseiller ou exhorter, mais non contraindre *. L'Evangile lui-même est formel sur ce point. Il est même faux, de l'avis de Locke, que Jésus ait établi une religion unique*. « L'Evangile, dit Locke, témoigne partout que les véritables disciples de Jésus-Christ souffriront de grandes persécutions, mais je ne sache pas avoir lu dans aucun endroit du nouveau Testament, que l'Eglise de ce divin sauveur doive persécuter les autres et les contraindre, par le fer et par le feu, à recevoir ses dogmes et sa créance '. »

Locke passe ensuite à la détermination des devoirs de tolérance. Ces devoirs, le philosophe anglais, tout comme le sceptique Bayle, va les fonder sur la relativité de Tortho-

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