‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 193 sur 293 · Locke, Œw philos., t. vu, p · texte numérisé non relu

Locke, Œw philos., t. vu, p

doxie. « Chaque Eglise, dit-il, est orthodoxe à son égard, quoiqu'elle soit hérétique à l'égard des autres ; elle prend pour vérité tout ce qu'elle croit, et traite d'erreur l'opinion contraire à la sienne * . » Et d'ailleurs il ajoute que, prouver la vérité absolue d'une doctrine, ce ne serait encore pas lui donner le droit de se débarrasser par des moyens violents de ses adversaires. Une Eglise peut, sans conteste, exclure un membre contrevenant à ses lois, mais ceci sans violence ni injure ni spoliation. A plus forte raison n'a-t-elle aucun droit sur les biens des autres Eglises et de leurs affiliés. Telle est la tolérance réciproque qu'exige la vie sociale, que la raison conseille et que l'Evangile lui-même ordonne ". Comment y parvenir? En maintenant toujours une indépendance respective et absolue entre les pouvoirs religieux et les pouvoirs politiques, entre l'Eglise et l'Etat. « Dès qu'ils (les intolérants) ont obtenu la protection du gouvernement civil, dit Locke, et qu'ils sont devenus supérieurs à leurs ennemis, il n'y a plus de paix ni de charité chrétienne ; mais ont-ils le dessous, ils ne parlent que de tolérance mutuelle. S'ils n'ont pas la force en main ni le magistrat de leur côté, ils sont paisibles et ils endurent patiemment l'idolâtrie, la superstition et l'hérésie, dont le voisinage leur fait tant de peur en d'autres occasions \

Quant aux ministres du culte, ils n'ont aucun pouvoir spécial, et ne doivent persuader que par le raisonnement. « Il n'y a personne qui se mette en colère de ce que son voisin gouverne mal ses affaires domestique?, ou de ce qu'il n'a pas semé son champ comme il faut, ou de ce qu'il a mal marié sa fille^ . »>

Enfin, Locke en vient à ce qui lui semble le point le plus délicat et le plus important de ses recherches : il détermine -« quels sont les devoirs du magistrat à l'égard de la tolérance p,

L LocKKj Œuv. philoê., t. vu, p. Kiô.

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