‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 194 sur 293 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

306 HISTOIRE DR LA TOLÂRANCB RBLIOIBUSB

Pour lui, il n'y a aucun doute possible, le souverain et le ma . gistrat n'ont aucun droit sur les consciences. Chacun peu t prendre soin de son âme comme il lui plaît de le faire. lia même ledroit de négliger ce soin, tout comme celui de sa santé et de sa richesse, si bon lui semble ' . En tout cas, le souverain n'a pas à intervenir. Il est possible qu'il n'y ait qu'un seul chemin qui conduise au salut,mais le magistrat, pas plus que les intéressés, n'est à même d'affirmer quel est le bon chemin, et d'autre part, ajoute Locke non sans ironie, il ne pourrait, en cas d'erreur, réparer le préjudice qu'il aurait causé '. Quant à dire que le souverain ne fait qu'autoriser par une loi civile les décrets de l'Eglise, c'est là une objection insuffisante. D'abord, ce mot d'église, « qui était si vénérable du temps des apôtres, n'a servi bien des fois, dans les siècles suivants, qu'à jeter de la poudre aux yeux du peuple. D'autre part, il y a plusieurs églises, et l'autorité du magistrat ne fait rien à leur valeur. Enfin, ce qu'il y a de capital et qui tranche le nœud de la question, c'est qu'en supposant que la doctrine du magistrat soit la meilleure, et que le chemin qu'il ordonne de suivre soit le plus conforme à l'esprit de l'Evangile, malgré tout cela, si je n'en suis pas persuadé moi-même du fond du cœur, mon salut n'en est pas

assuré Il n'y a que la foi et la sincérité du cœur qui

puissent plaire à Dieu ^. » Par conséquent, l'Etat doit tolérer toutes les rehgîons, et il doit les tolérer en tant que culte extérieur d'une part, et en tant que doctrine d'autre part.

Pour ce qui concerne le culte, les cérémonies, devant être conformes et essentielles à la doctrine, ne peuvent être instituées par le magistrat : de même, celui-ci ne possède à jce sujet aucun droit d'interdiction, sauf pour ce qui est déjà défendu an point de vue civ^il. « Tout ce qui peut être dommatïeablc à Y Etat et que les lois défendent pour le bien commun

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