‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 197 sur 293 · Cf. ibid., p 5-9 et · texte numérisé non relu

Cf. ibid., p 5-9 et

-LE XVIP SIÈCLE 311

somme Tédit de Nantes, en palliant toutefois à certains de ses inconvénients ' .

Cette protestation mesurée, si elle ne fut pas rendue publique, fut examinée du moins par Louvois. Le ministre écrivit en effet à l'auteur : * J'ai lu votre mémoire, où j'ai trouvé de fort bonnes choses, mais, entre nous, elles sont un peu outrées; j'essaierai de le lire à sa Majesté *. » Peut-être Louis XIV connut-il le mémoire de Vauban ; on croit du moins que celui-ci en fit parvenir un exemplaire à Mme de Maintenon : quoi qu'il en soit, il est cependant certain que le seul résultat effectif de cette démarche fut, pour Vauban, un commencement de disgrâce.

Tourmenté sans cesse par cette idée, et bien qu'il eût perdu tout espoir de la faire admettre par ses contemporains Vauban revint à plusieurs reprises sur ce sujet ; et, bien que ses nouvelles considérations soient restées absolmnent inédites jusqu'à une époque assez récente, il n'est pas sans intérêt de les examiner, tout au moins dans leurs grandes lignes.

Remarquons d'abord que cet homme, si bon pour les soldats placés sous ses ordres et toujours si loyal envers l'ennemi, qui, plus tard, devait songer à alléger le peuple des lourds impôts qui payaient les fantaisies royales, avait pu voir à Brest les protestants condamnés aux galères, et s'était efforcé d'adoucir ,autant qu'il était en son pouvoir, leur triste situation.

Dès 1692, il écrivit une première addition à son mémoire, où il revenait en particulier sur le danger et le peu de valeur des conversions apparentes, telles qu'on les obtient par la contrainte. Puis on trouve aussi, dans les Oisivetés de M. de Vaiihan, un Mémoire sur les affaires de la religion préte7idue réformée *, que Fauteur, selon l'usage de l'époque, attribue à

L Cf. Und,, p. 10-4, et p. li, note l.

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