‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 199 sur 293 · Cf. ibidem, p · texte numérisé non relu

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îT le pape prêtât la main à ce projet ; or, il s'y refusera ; 4° on pourrait aussi diviser les confédérés protestants, et signer des traités de paix distincts; mais il est peu probable qu'on y réussisse. Vauban en concluait 5° que « le plus sûr de tous (les moyens) est le rappel des huguenots à pur et à plein, c'est-à-dire la réhabilitation de TEdit de Nantes en son entier ^ : par là, le roi se ramènerait les sympathies des protestants '. Vauban ajoutait, il est vrai, avec une ironie mordante, qu'il restait bien encore deux moyens, qu'il se refusait d'ailleurs à examiner : chasser tous les protestants, ce qui serait achever le dépeuplement du royaume commencé par la Révocation ; ou bien encore, procédé plus expéditif , les exterminer jusqu'au dernier. Mais, disait-il, « le succès de la journée de la Saint-Barthélémy, qui fit plus de huguenots qu'elle n'en défit, doit nous apprendre que la religion se persuade et ne se commande pas ^ ^.

Telles étaient les théories de Vauban sur le droit à la liberté de conscience. Comme elles n'ont pas été rendues publiques, on ne saurait parler de leur influence , ni les rattacher à tel ou tel courant d'idées, (cependant, elles eont d'autant plus intéressantes qu'il s'agit d'un homme du XVI1« siècle, lequel, d'autre part, n'était nullement un libre-penseur. Si toutefois il lui fallait assigner une place dans l'histoire de la tolérance, on pourrait, semble-t-il, voir en lui un disciple de L'Hospital et un précurseur de Turgot.

Ceux qui, à cette époque, exercèrent sur l'esprit français une influence des plus favorables à l'avènement de la liberté de conscience, ce furent les libertins, ils avaient eu, au début du siècle, un certain succès qui leur sourit encore dans les dernières années. Mais il ne faut pas oublier non plus qu'à la période la plus brillante du règne de Louis XIV, au moment des victoires et des persécutions, dans cette même cour où régnait Mme de Maintonon, et dont Bossuet

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