‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 201 sur 293 · Saintk-Beuvk, ibid., p. lîUi · texte numérisé non relu

Saintk-Beuvk, ibid., p. lîUi

± La Fontaink, Fables, livre IX, « Rien de trop ».

;i. Il veut vaincre Terreur : cet ouvrage s'avance ; 11 est fait» et le fruit de aes succès divers Est que la vérité règne en toute la France.

Et la France en tout Tunivers.

{Epitre à Bonrepaur, janvier 1687.)

Louis a banni de la France L'hérétique et très sotte engeanr-e.

i^Epitre à Vendôme, septembre i6S9.)

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les dépositaires de la philosophie sceptique et positive éclose au XVI* siècle. Peut-être faut-il mettre à part Saint-Evreraond, qui traversa tout le siècle, fut le disciple des libertins du début, le contemporain des Frondeurs, mais s*exila prudemment en Angleterre puis en Hollande, bien qu'il n'eût rien d'un hérétique et fut, jusqu'à la fin de ses jours, trop épicurien, trop ami de Montaigne et du positiviste Cervantes pour ne pas être regardé par les dévot ^ comme un « athéiste » : tout dans sa philosophie le portait à la modération, et d'ailleurs, il a ouvertement prêché et flétri les persécutions, soit en vers, soit en prose '.

A côté des esprits forts, il y avait en outre, parmi les mondains, des gens d'esprit à qui les intrigues religieuses de l'époque semblaient peu compatibles avec la dignité du christianisme et la sévérité de l'Eglise à l'égard des divergences de doctrine. C'est en ce sens qu'Emmanuel de Coulanges, se trouvant à Rome au moment d'un conclave, écrivait en 1691 à son entourage. Mais, comme à la cour il fallait être dévot, sa femme se hâtait de lui répondre qu'il faut séparer la religion des abus % et Mme de Sévigné, sa cousine, le morigénait plus doctement encore en citant à la fois Montaigne et saint Augustin *.

Ces tendances contradictoires, cette foi apparente d'une part et, de l'autre, cette incrédulité profonde et raisonnée

1. Cf. Saint-Evremoni>, Œuvres choisies (éd. Gidol), Intro<l., p. «<»-'.

2. Cf. Mme de Coulanges, Lettre à Cotilnnges, du 23 juillet 1091.

3. < V^oua vous trouvez embarraRaé dans votre religion sur ce qui se passe À Roine et au conclave ; mon pauvre cousin, vous vous méprenez. J'ai ouï dire qu'un homme de très bon esprit tira ime conséquence toute contraire sur ce qu'il voyoit dans cette grande ville, et conclut qu'il faUoit que la religion fût toute sainte et toute miraculeuse de subsister

ainsi par elle niAnie au milieu de tant de désordres et de profanations

lisez saint Augustin dans la Vérité de la rpligion : lisez V \bbadie, bien rlilTérent de ce grand saint, mais très digne de lui ^tre comparé quand il parle de la religion chrétienne (demandez à Vahbé de Polignac s'il estime ce livre): ramassez donc toutes ces idôos et ne jugez point si frivolement : croyez que, quelque manège qu'il y ait dans le conclave, c'ertt ton i ours le Saint Fsprit qui fait le pape. - {LeUrc du 2(î juillet 1691.)

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qui déjà s'infiltrait à travers rexaltation des jansénistes et des réformés et le fanatisme des orthodoxes^tout ceci annonçait le grand orage du siècle suivant. « Sous Louis XIV, dit Sainte-Beuve, la liberto d'esprit n'était que dans les hautes classes et un peu dans la haute bourgeoisie ; la populace des faubourgs restait paroissienne jusqu'au fanatisme : on n'était pas assez loin de la Ligue. Patience ! le travail se faisait, et ceux qui le menaient le plus activement, c'était toujours quelque enfant de Paris émancipé,commeVillon,comme Molière, comme Beaumarchais à son jour, comme demain Voltaire *. »

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