Cf. d'Abobnson, Mémoires, t. vn, p. 197 (16 avril
2. Cf. ibid., p. 212 (28 avril), p. 250-1 (18 juin), et p. 300-1 (17 septembre'! 752).
xante ans le refusent. D'ailleurs, il y en aura peu dans ce caslà: les collatéraux s'en font un déshonneur dans les familles. Qu'on observe les lois, qu'on punisse les curés qui se sont prêtés à les enfreindre, qu'on punisse aussi ceux-ci qui ne prouveront pas bien une accusation atroce comme celle-ci. Cette manière de suivre la loi est au nombre des moyens innocents pour ramener peu à peu à la religion dominante. Avec cela, qu'on exclue des grâces les huguenots, qu'ils vivent dans notre royaume en argent comptant ' . >
Si l'on songe que d' Argenson était un des membres de ce club de VEnireaol, que Fleury avait jugé dangereux pour Tordre pubhc,'et qu'à bien des points de vue,il est permis de le considérer comme un des initiateurs du mouvement politique qui devait aboutir, à la BSvolution, on voit tout ce qu'il restait à faire en faveur delà tolérance religieuse pour qu'on parvînt enfin à un résultat positif.
Or, si l'on poursuit cet examen des Mémoires de d' Argenson, on s'aperçoit qu'en l'espace de quelques années,il se produisit dans sa pensée une évolution dont il est facile de deviner la cause, et qui modifia profondément ses théories sur la liberté de conscience.
Dès 1753, il semble reprocher aux évêques du Languedoc leur fanatisme implacable,et les blâme d'avoir suspecté le « tolérantisme > du maréchal de RicheUeu, qui était chargé d'organiser la répression ^. Puis, un peu plus tard, relatant un envoi considérable de troupes que réclamait depuis longtemps de Saint-Priest, l'intendant de cette province, il ajoute : « Qu'il est triste de répandre le sang de ses sujets ! Voilà le conseil des prêtres et leur ambition violente '. » Cette odieuse utilisation des troupes à l'intérieur contre les sujets mêmes du royaume, à un moment où l'autorité royale s'affaibht par ses défaites à l'extérieur, et où l'on peut