Ibid., p. 439-40 (31 mare
3. D'AROEiTSON, Mémoires, t. viii. p. 107 (3 septembre 1753).
redouter aussi que les réformés, aidés par les puissances étrangères, n'osent exiger bientôt cette tolérance qu'ils implorent aujourd'hui, le navre par-dessus tout. Il revient constamment sur ce sujet . Il s'irrite contre le clergé fanatique qui toujours lance le gouvernement plus avant dans cettQ détestable voie et soutient « l'horrible édit de 1685 » ^. Il constate, par exemple, que le maréchal de Richelieu s'est laissé prendre « au panneau » des prêtres languedociens : « J'ai eu, dit-il, une conversation avec lui sur cette matière ; j'ai conçu qu'il se laisse gouverner sans le savoir, par le sentiment des évêques du Languedoc, qui est de dragonner, de fair 3 des conversions à coups de f usil,et qu'il n'( ntend ou ne peut entendre aucunement lès sages principes de cett3 tolérance qui mène à la conversion et à l'uniformisation des consciences par un ^. politique humaine et raisonnée ^. » On voit par là combien d'Argenson devenait chaque jour plus favorable à une liberté de conscience tout au moins relative. Il écrivait aussi : « Ce sont les prêtres qui poussent de tous côtés à ces troubles et à ces désordres ; aussi les esprits se tournent-ils au mécontentement et à la désobéissance, et tout chemine à une grande révolution dans la religion et dans le gouvernement *. » Et par ces derniers mots, on sent encore mieux quelles pensées nouvelles tourmentaient les esprits à cette époque : les protestants ne songeaient pas à une révolte, et il fallait bien reconnaître qu'ils étaient en grande majorité de fidèles sujets "' . Mais les jansénistes faisaient réimprimer le Traité sur le gouvernement civil de Locke, qui évidemment se tenait plus près des contempteurs de la monarchie, et en particulier d'Algernon Sydney, que des apologistes de la tyrannie comme Filmer ^. L'idée
1. Cf. ihid., p. 116 (15 s>eptenibro 1753), p. 234 (28 f3\-rier 1754). p. 241-242 (5 mare 1754).
'.*. Cf. Mémoires, t. ix, p. 15(5-7.
3. d'Aroenson, Mémoires, t. viii, p. 181-2 (17 décembre 1753).