‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 209 sur 293 · Cf. ibid., p. 333 (10 août · texte numérisé non relu

Cf. ibid., p. 333 (10 août

LE XVllI^ SIÈCLE 333

de liberté naturelle^transplantée en Angleterre, revenait en France, où elle était née au XVI« siècle. Aussi d'Argenson écrivait-il encore, à propos de ses coUèguesde l'Académie des Belles-Lettres qui favorisaient le théisme et semblaient préparer tout au moins une révolution religieuse : « Avec cette réforme dans la religion viendra bientôt celle dans le gouvernement. La tyrannie profane s'est mariée avec la tyrannie ecclésiastique; au contraire, les deux philosophies se tournent, l'une au gouvernement démocratique réglé, l'autre à adorer Dieu en esprit et en religion. L'on cesse de surfaire sur ces deux gouvernements, et l'on voit les moyens et les mœurs comme ils doivent être : la nature nous inspire tout ce qui nous convient ; on l'écoute et on la suit quand l'imposture tyrannique vient à cesser *. »

Ces modifications si profondes qui, en quelques annéet*, avaient complètement transformé les idées d'un esprit pondéré comme d'Argenson, cette évolution irrésistible qui se dessinait dans la mentalité des gens instruits et du peuple lui-même, et qui déjà conduisait à des résultats pratiques dans les pays soumis au despotisme éclairé, tout ceci résultait de la lutte philosophique qui se développait alors et s'oi^anisait en France.

C'est donc cette lutte en elle-même qu'il convient d'étudier maintenant, en ce qui concerne particulièrement le principe de tolérance.

« Au XVIIPsiècle,dit J.Bami, l'humanité reprend tous ses droits. L'idée même du droit ou de la justice, trop longtemps étouffée, éclate alors dans son entière splendeur, et le sentiment de l'humanité se développe dans toute sa largeur, aussi large que l'humanité elle-même. De là la haine du fanatisme ou de l'intolérance religieuse. On s'indigne

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