Ibid,, § V
4 Ihid,, § IV, 3, et cf. Montesquieu, De Vtsprii des lois, l. XXV, ch. XII, in O. C, Londres, 1771, t. ii. p. 113. & Ibidem,
et non point la spéculative ; et Ton sent assez la di£Eérence qu'il y a entre tolérer une religion et l'approuver. * »
Ces déclarations semblent sigulièrement modérées,si Ton songe surtout aux fureurs que souleva la publication de V Encyclopédie parmi les jésuites et les jansén stes, dans le Journal dtTrévoux comme dans les Nouvelles ecclésiastiques. Et rétonnementeit encore mieux justifié,si l'on considère le passage qui est consacré à « /a liberté de penser ». « Ces termes liberté de penser, dit l'auteur anonyme de cet article,ont deux sens, l'un général, l'autre borné. Dans le premier, ils signifient cette généreuse force d'esprit qui lie notre persuasion uniquement à la vérité. Dans le second, ils expriment le seul effet qu'on peut attendre, selon les esprits forts, d'un examen libre et exact, je veux dire l'inconviction. Autant que Tun est louable et mérite d'être applaudi, autant l'autre est blâmable et mérite d'être combattu Le Traité de la liberté de penser, de Collins, passe parmi les inconvaincus pour le chef-d'œuvre de la raison humaine ; et les jeunes inconvaincus se cachent derrière ce redoutable volume, comme si c'était l'égide de Minerve. On abuse de ce que présente de bon ce mot, liberté de penser, pour la réduire à l'irré.ligion ; comme si toute recherche libre devait nécessairement y aboutir ^. » Il semble même qu'il en coûte beaucoup à l'encyclopédiste d'ajouter cette restriction : « On ne peut nier qu'il n'y ait eu et qu'il n'y ait, parmi les inconvaincus, des hommes de premier mérite. » Toutefois, il ne faut pas oublier que,dans ce «prodigieux édifice»,commedit Voltaire, « les éditeurs ne purent refuser quelques jeunes gens qui voulurent, dans cette collection, mettre leurs essais à côté des chefs-d'œuvre des maîtres » \
D'ailleurs, il y avait même des divergences entre les deux
1. Jbid,, { W — Sur ce dernier point, Tauteur s'en rapporte à Tavis de Bayle, dont il dérlare l'œuvre di^flnitive.