‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 217 sur 293 · Ibid., let. XCIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., let. XCIII, p

LE XVIII'' SIÈCLE 3i3

sainteté des prêtres, et démontrait d'autre part la relativité des religions en parlant du christianisme exactement comme un chrétien eût parlé de l'islam '. Enfin, à Venise, il s'étonnait de voir les disciples du C'hrist s'épuiser en discussions théologiques, au lieu de s'efforcer à pratiquer correctement leur religion ; car, si le fidèle doit avant tout chercher à plaire à la divinité,* le moyen le plus sûr pour y parvenir est sans doute d'observer les règles de la société et les devoirs de l'humanité » *. Cette idée de la supériorité de la morale, immuable dans ses principes généraux, sur les divers dogmes, contradictoires entre eux, que Castellion et Bayle avaient déjà développée, semblait d'ailleurs séduire particulièrement Montesquieu. Il la reprit, en effet, sous plusieurs formes dans son Esprit des lois. Il dit, par exemple : « Les dogmes les plus vrais et les plus saints peuvent avoir de très mauvaises conséquences, lorsqu'on ne les lie pas avec les principes de la société ; et au contraire, les dogmes les plus faux en peuvent avoir d'admirables, lorsqu'on fait qu'ils se rapportent aux mêmes principes . ' » Puis, un peu plus loin : « Les lois de la religion éviteront d'inspirer d'autre mépris que celui du vice,et surtout d'éloigner les hommes de l'amour et de la pitié pour les hommes ^. »

Cependant, en général, dans cet Esprit des lois, qui n'était plus une simple fantaisie, Montesquieu resta circonspect. Après chaque affirmation un peu vive sur les reUgions, il spécifia toujours qu'iln'entendaitpasparler du christianisme,* le plus grand bien que les hommes puissent donner et recevoir ». De même, il ne parla jamais des jésuites qu'avec

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