Montesquieu, ibid., liv. XXVI, cli. IX, in t. ii, p
3. Montesquieu. Grandeur et décadence des Romains, ch. XXIT, in Œuvres, t. m, p. 47 1 .
4. Montesquieu, De V esprit des lois, liv. XXIV, ch. VII, in t. ii, p. 81.
clarait aussi que le pouvoir séculier ne doit pas établir de lois pénales en matîèrede religion, car la sanction qu'annonce la religion elle-même inspire déjà une crainte suffisante.il estimai t que, « entre ces deux craintes différentes, les âmes deviennent atroces »* , et que d'ailleurs, « en fait de changement de religion, les invitations sont plus fortes que les peines»'. Il fgr^sait en outre finement ressortir combien la vie scrupuleuse, la morale impeccable de certaines sectes juives et des philosophes anciens étaient plus proches du véritable idéal chrétien qu'une foi rigoureuse, étroite, et plus attachée à la lettre qu'à l'esprit.
Puis, Montesquieu, partant de ces principes, s'attaquait plus directement au fanatisme. Il flétrissait les Espagnols, qui, en tant que chrétiens, s'arrogèrent le droit de réduire à l'esclavage les indigènes de l'Amérique^. Il disait ailleurs que les lois qui pourraient être promulguées à bon droit contre les sectateurs d'une teUe religion « ne seraient point sanguinaires, car la liberté n'imagine pas ces sortes de peines; mais elles seraient si réprimantes qu'elles feraient tout le mal qui peut se faire de sang-froid »*. Il protesta aussi, à plusieurs repri8es,contre les méfaits de l'Inquisition. Non seulement il attribuait à un juif de Lisbonne une vigoureuse apostrophe aux inquisiteurs ^, mais encore il disait, pour son propre compte : « Les Espagnols qu'on ne brûle pas paraissent si