‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 220 sur 293 · Ibid., liv. XIX, ch. XXVII, p · texte numérisé non relu

Ibid., liv. XIX, ch. XXVII, p

5. « Voiis voiis plaig.iez de co qiio Toin pereiir du Jupon fait brûler à petit feu tous les chrétiens qui sont dans «os états ; mais il vous répondra : Nous vous tnûtons, vous qui no croyez pas comme nous, commo vous traitez vousmômes ceux qui ne croient pas comme vous... Vonn voulez que nous soyons chrétiens et vous no voulez pas VHrv. Mais, si vous ne voulez pas Hre chrétiens, soyez au moins des liommes : traitez nous comme vous feriez, si, n'ayant pas ces faibles lueim) de justice que la nature nous donne, vous n'aviez point une religion pour vous conduire et une révélation pour vous dirÎKer. » {Ibid., liv. XXV, ch. XIII, in t. ii. p. 113-4.)

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attadiés à Tlnquisition qu'il y aurait de la mauvaise humeur à la leur ôter. Je voudrais seulement qu'on en établit une autre, non pas contre les hérétiques.mais contre les hérésiarquer» qui attribuent à de petites pratiques monacales la même eflScacité qu'aux sept sacrements, qui adorent tout ce qu'ils vénèrent .et qui sont si dévots qu'ils sont à peine chrétiens ^ « Il rappelait aussi le triste sort des juifs au moyen âge : « On confisquait leurs biens lorsqu'ils voulaient être chrétiens, et, bientôt après, on les fit brûler lorsqu'ils ne voulurent pas Têtre'. » Quant au protestantisme,Montesquieu lui appliquait la théorie scientifique de l'influence des cUmats,et voyait en lui une conséquence de l'esprit d'indépendance et de liberté (jui caractérise les peuples septentrionaux *. Enfin, Montesquieu, avec force exemples à l'appui, montrait que la plupart des peuples orientaux donnent cependant au monde chrétien l'exemple de la tolérance *. Mais il n'employait qu'avec une discrétion méritoire cet argument dont usera et abusera si souvent Voltaire .

Cependant, malgré cette campagne habile contre le fanatisme, malgré la solidité et la logique de son argumentation, Montesquieu n'aboutit qu'à une formule très incomplète,qui constitue,à vrai dire,une véritable erreur sociologique. Il admet, sans doute, que le sacrilège ne doit entraîner d'autre peine que l'excommunication, et, de plus, «que si, confondant les clioses, le magistrat recherche aussi le sacrilège caché, il porte une inquisition sur un genre d'action où elle n est pc int nécessaire : il détruit la liberté des citoyens, en armant contre eux le zèle des consciences timides et celui des consciences hardies »'. Il dit même ailleurs : « Maxime importante : il faut être très circonspect dans la poursuite de la magie et de l'hérésie. L'accusation de ces deux crimes peut

I. Montesquieu. Lmrp.ë peraanes, let. LXXVIII, in t. III, p. 148. ± Montesquieu, Esprit des lois, liv. XXI, ch. XX. in t. r', p. 474.

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