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36 HISTOIRE Oe LA TOLÉRANOK RELIOIEISE
nombreuses colonies jusqu'en Gaule et en Espagne. Or nous avons vu comment leur religion, simplement nationale au début, avait admis, avec le messianisme, la notion de Tuniversalisme religieux ; elle était devenue par conséquent trop métaphysique pour être tolérante, mais sa doctrine n'était pas encore assez solidement établie pour qucense répandant ainsi à l'étranger, elle ne subît, dans ces milieux divers, de nombreuses modifications ; il en résulta de multiples discussions et de fréquents attentats à la liberté de conscience, qui furent, si l'on veut, les premières manifestations de véritable intolérance. Mais, malgré ces polémiques, et bien qu'ils fussent encore plus méprisés à Rome que les Egyptiens, les Juifs y avaient obtenu, moyennant finance, l'autorisation d'élever des synagogues ; bien plus,on permit à la secte hérodienne, au moment même où Vespasien préparait le premier siège de Jérusalem, de célébrer la fête de celui qu'ils tenaient pour un messie * . Voltaire aimait à citer ces vers de la cinquième satire de Perse :
Herodis venore dies ; unctaque fenestra Dispositae pinguem nebulam vomuere lucernae... î.
qui dépeignent avec tant de réalisme les coutumes superstitieuses de la plèbe et le coudoiement habituel entre prêtres et sectateurs des divinités les plus diverses.
Par conséquentjOn peut conclure que «jamais l'antiquité païenne n'avait été mise en demeure de se prononcer sur la liberté de conscience jusqu'à Tapparition de l'Evangile. Chacun était libre de croire ce qu'il voulait, pourvu qu'il n'attaquât point l'ordre établi. » Encore cette restriction n'était-elle pas absolue, puisque à Rome, la plupart des cultes étrangers furent tolérés. Pourquoi donc en fut-il autrement du christianisme ? C'est parce que, plus encore que les sectes juives, il était lui-même intolérant,