Voltaire, Un Chrétien contre six Juifs, XXI
l'antiquité et le thristiaxisme 37
Pour établir à queh points de vue le christianisme fut intolérant et dans quelle mesure il le fut. nous étudierons successivement: le milieu dans lequel apparut leréformateur, ses idées personnelles telles qu'on peut les présumer d'après les évangOes, la doctrine primitive et la nouveauté de ses tendances, enfin les interprétation ? ultérieures qui la défigurèrent rapidement.
Déjà nous avons vu comment Fexclusivisme religieux apparut chez le prophète Isaîe, et se compUqua naturellement d'une tendance à l'universalité. « Les étrangers, disait Isaîe, qtti s'attachenxii à T Etemel pour le servir, pour aimer le nom de TEtemel, pour élre ses serviteurs, tous ceux qui garderont le sabbat, pour ne le point profaner, et qui persévé* reront dans mon alliance, je les ramènerai sur m\ montagne sainte, et je les réjouirai dans une maison de prières ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel ; car ma maison sera appelée une maison de prières pour tous les peuples. Le Seigneur, l'Etemel parle, lui qui rassemble les exilés d'Israël : je réunirai d'autres peuples à lui, aux siens déjà rassemblés \ »
Cette doctrine nouvelle se développa chez Jérémie et chez ses successeurs : d'ailleurs, les Hébreux admirent cet idéal reUgieux avec d'autant plus d'enthousiasme qu'il se précisa bientôt dans Tespoir d'un « Messie», venant réaliser dans le monde cette unité de croyance au profit de la religion israélite. Mais les prêtres tenaient naturellement à la conservation de l'état de choses actuel, puisqu'il était favorable à leurs intérêts ; au8si,pour eux, cet idéal messianique ne futil probablement admissible qu'à la condition de rester toujours lointain. Quoi qu'il en soit, lorsqu'un homme se présenta, qui déclarait être le Messie toujours annoncé et tant