Ibidem
:ib4i HISTOIRE DE LA TOLÉRANCE RELIGIEUSE
souverain '. Mais, comme l'Etat doit exercer cependant une certaine surveillance sur les cultes, et prohiber en particulier « l'irréligion, l'indiflférence, l'idolâtrie, le fanatisme et la superstition- » , comme « il faut une instruction publique répandue partout, une éducation pour le peuple qui lui apprenne la probité, qui lui mette sous les yeux un abrégé de ses devoirs sous une forme claire et dont les appréciations soient faciles dans la pratique » (car le peuple, selon le libéral Turgot lui-même, est incapable de se choisir une reUgion), l'Etat devra en adopter une, qu'il subventionnera sans lui accorder aucun autre privilège, et c'est à la religion dominante qu'il devra donner la préférence ^.
Ce point de vue semblerait peu hardi et assez étroit, si Turgot ne se hâtait d'ajouter qu'il ne faut pas choisir une religion qui apporte des entraves incessantes à la liberté, comme le cathoUcisme, ou bien encore des dogmes qui n'ont pas ces inconvénients politiques, mais que les progrès de l'irréligion renverseront bientôt, comme le protestantisme ou r « aiminianisme » ^ C'est pourquoi il conclut en faveur de la religion naturelle.
L'année suivante, Turgot pubha, sous le voile de l'anonymat, le Conciliateur, ou lettres (Tun ecclésiastique à un ^nagistrat sur le droit des citoyens à jouir de la tolérance civile pour leurs opinions religieuses; sur celui du clergé de repousser, par toute la puissance ecclésiastique, les erreurs qu'il désapprouve, et sur les devoirs des princes à Vun et à Vautre égard \ En cette année 1754, on avait en eflfet proposé au roi, pour mettre fin aux querelles entre les évêques
L Ibid., p. 677.