Ibid., p. 692-8 6. Ibid., p
médecins spirituels, mais que, pas plus que le prince, ils ne doivent imposer tel ou tel remède \
On voit qu'il y avait déjà quelques hardiesses nouvelles dans le Conciliateur ; mais l'auteur, il est vrai, resta assez longtemps anonyme, et d'autre part, les questions actuelles occupaient peut-être une place trop considérable dans ce plaidoyer. Toutefois ce fut bien sans doute en portant ainsi son effort sur des questions àe détail et des cas isolés que Voltaire assura le triomphe de la bonne cause.EIn outre ,rouvrage de Turgot influa sensiblement sur la décision du roi, et les contemporains en comprirent si bien l'importance que Condorcet le réimprima en 1688.
Peu de temps après le Conciliateur(dont il reniait encore la paternité), Turgot pubUa une seconde lettre sur la tolérance^, où il répondait aux objections qu'avait soulevées la première, mais où il se demandait aussi préalablement : « Qu'a donc en soi de si précieux l'intolérance pour qu'on y soit tant attaché *^ ? » A son avis, c'est injurier la religion que de reconnaître au prince le droit de juger de sa légitimité \ User de la contrainte en matière de religion,c'est donner raison aux athéeSjà ceux qui n'admettent d'autre droit que la force *. Le prince a évidemment le pouvoir d'être injuste, mais il n'en a pas le droit ". Il n'est pas plus infaillible que ses sujets, et, par suite, ne peut les forcer à quitter une religion sous le prétexte qu'elle n'est pas la sienne ^. Turgot revient encore sur la nécessité d'une éducation religieuse pour les peuples, pourvu qu'il n'y ait jamais contrainte, car l'Etat « n'est pas compétent pour juger de la fausseté des religions**.