Ibid., acte IV, so. I
6. Commentaire historique sur les auvres de V auteur de la Henriade, in t. I, p. 75.
rapide,qui faisait deVoltaire l'égal da plus d'un grand seigneur, était, il faut bien l'avouer, une des premières conditions favorables au triomphe immédiat de sa propagande; déJà,Voltaire avait pour lui sa dialectique, sa verve et son talent littéraire, puis sa célébrité naissante, qui grandira progressivement jusqu'à son installation à Femey ; enfin, il était stratégiste et dipl omate avisé : ce n'était pas trop de toutes ces conditions réunies pour assurer le succès de la campagne en faveur de la toléra,nce.
Mais, en 1734,une édition française des Lettres philosophiques se répand dans la capitale ; l'Université s'épouvante; l'apologie de Locke lui semble particulièrement rédhibitoire, et Voltaire, instruit par les événements, prend le large, puis, jugeant que le danger n'a rien d'imminent,s'installe à CSrey, chez Mme du Châtelet,à mi-chemin entre Paris et la frontière. Malgré la vie essentiellement mondaine et les travaux scientifiques qui l'absorbent à Cirey, Voltaire trouve encore le temps d'être poète et philosophe. Tel Ari8tote,il passe de la physique à la métaphysique, et publie bientôt son traité où il développe ses idées sur Dieu, sur rhomme,sur la liberté métaphysique*, et conclut : « Ceux qui auraient besoin du secours de la religion pour être honnêtes gens seraient bien à })laindre; et il faudrait que ce fussent des monstres de la société, s'ils ne trouvaient pas en eux-mêmes les sentiments nécessaires à cette société, et s'ils étaient obligés d'emprunter ailleurs cequidoitse trouver dans notre nature'.» Il avait donc découvert encore, malgré son théisme persistant, quelques nouveaux motifs de ne pas croire.
Une împression analogue se dégageait des Discours sur r homme, qui furent pubhés de 1734 à 1737. Ici encore, on pouvait constater que jamais Voltaire ne manque une occasion de décocher quelques traits au fanatisme. Dans le discours sur l'envie, il dit, par exemple :