‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 240 sur 293 · Traité de Métaphysique, eh. ix, in t. xxii, p · texte numérisé non relu

Traité de Métaphysique, eh. ix, in t. xxii, p

LE XVIIP SIÈCLE 373

Qu*a servi contra Bayle une infâme cabale ?

Par le fougueux Jurieu Bayle persécuté

Sera des bons esprits à jamais respecté;

Et le nom de Jurieu, son rival fanatique,

N'est aujoui'd'hui connu que par Thorreur publique *.

PiTS le cinquième discours révèle que Voltaire repousse, non seulement le fanatisme proprement dit,mais encore l'intolérance psychologique, spéculative, la rigueur dogmatique en un mot ; il s'attaque, en effet, aux jansénistes et à Pascal :

Juscju'à quand verrons -noua co rêveur fanatique Fermer le ciel au monde, et d'un ton despotique Damnant le genre humain, qu'il prétend convertir, Nous jjrêcher la vertu pour la faire haïr ?

Sur les pas de CaKûn,ce fou sombre et sévère. Croit que Dieu, comme lui, n'agit qu'avec colère -.

S'il proteste, c'est au nom de la sensibilité humaine, du droit de l'homme au plaisir, au bonheur, et, bien que cette morale hédonisie sexonciUe chez lui avec le théisme, elle le détruit en réalitéjOu du moins rannihile,puisque l'homme devient ainsi le centre de la morale, pour laquelle Dieu n'est plu3 qu'un régulateur supra-terrestre et hypothétique.

Le septième discours, « sur la vraie vertu », est à ce point de vue des plus significatifs. Voltaire commence par démontrer que le derviche qui tourne en rond, pas plus que le moine chantant au lutrin ne sont vertueux par le seul fait qu'ils accomplissent ces pratiques rituelles. Il rappelle que Jésus a posé ce principe : Aimez Dieu, a mais aimez les mortels » ; il stigmatise l'exaltation égoïste ou du moins absurde des mystiques et convulsionnaires, et conclut :

Je sais qua le mystère a de nobles appas.

Les saints ont des plaisirs que je ne connais pas. Les miracles sont bons ; mais soulager son frère, 3iais tirer son ami du sein de la misère,

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