IH^ discours sur Vhommey in t. ix, p
2. V^ discours sur Vhommc (sur la nature du plaisir), in t. ix, p. 409.
374 HISTOIRE DE LA TOL£rAMCE EELIOIEUSE
Mais à ses ennemis pardonner leurs vertus, C*est là un grand miracle, et qui ne se fait plus.
Certain législateur \ dont la plume féconde Fit tant de vains projets pour le bien de ce monde. Et qui depuis trente ans écrit pour des ingrats. Vient de créer un mot qui manque à Vaugelas : Ce mot eetr bienfaUnnce : il me plaît, il rassemble. Si le cœur en est cru, bien des vertus ensemble *.
Il nous semble que ces Discours sur Vhomme font date dans l'évolution de la pensée de Voltaire. Cette sérénité philosophique, à laquelle il parvenait grâce à l'influence salutaire de la prudente Emilie, il ne la retrouvera guère qu'après le combat, alors que le succès lui permettra d'être modéré.
Toutefois, il a bien encore quelques sursauts d'indignation lorsque l'intolérance ecclésiastique provoque de nouveaux troubles dont on ne peut prévoir les conséquences : c'est dans une circonstance de ce genre qu'il compose pour son amie cette ode médiocre Sur le fanatisme, où il oppose aux querelles byzantines entre jansénistes et molinistes la conduite admirable de Belzunce, l'évêque de Marseille '.
Pendant son séjour à Cirey parut aussi la Courte réponse aux longs discours d^ un docteur allemand, on Voltaire faisait, en somme, l'apologie du scepticisme où du positivisme philosophique, et avouait que du moins les querelles d'ordre scientifique ne sont pas les plus dangereuses. Cependant, il ajoutait : ♦ Ne ressemble-t-on pas quelquefois à ces diables que Milton nous représente dévorés d'ennui, de rage, d'inquiétude, de douleur, et raisonnant encore sur la métaphysique au miUeu de leurs tourments * ? »
1. L*ubbé de Saint- Pierre, qui mit en effet à la mode le mot bienfaiMmee,