‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 242 sur 293 · VJJ^ dùcourê tur Vhcmme, in t. ix, p · texte numérisé non relu

VJJ^ dùcourê tur Vhcmme, in t. ix, p

3. Ci. Ode VII {sur le fafiati«me)y strophes 9, 10 et 11, in. t. vm, p. 429-30.

4. Cf. Ccvrte rtponae avx Icngs discottrs d'%tn docteur alUmandf in t. zxiii, p. U>t>. — Le passage de Milton auquel Voltaire fait allusion se trouve dan» le chant 1" du Paradiê ftrdu. (Cf. trad. fr., Lyon, 1781, -p. 66.)

LK XVin« SIÈCLE 375

Vers la même époque, Voltaire fit représenter Alzire, où Ton trouve des allusions beaucoup plus directes à la question de la tolérance. C'étaient en particulier les paroles du vieil Alvarez, reprochant à son fils, le gouverneur Gusman, de traiter trop cruellement les peuples d'Amérique (cequi était d'aiUeurs d'un intérêt toujours actuel) :

Ecoutez-moi, mon fils : plus que vous, je désire Qu'ici la vérité fonde un nouvel empire, Que le Ciel et l'Espagne y soient sans ennemis ; Mais les cœurs opprimés ne sont jamais soumis. J'en ai gagné plus d'un, je n'ai forcé personne ; Et le vrai Dieu, mon fils, est un Dieu qui pardonne <

Et, au moment où Gusman meurt assassiné, Voltaire lui prêtait d'abord ces paroles ironiquement affirmatives :

Instruisez l'Amérique ; apprenez à ses rois

Que les chrétiens sont nés pour leur donner des lois,

puis cette déclaration, qui peut surprendre dans la bouche de Voltaire, peu suspect de tendresse à l'égard de Jésus :

Des dieux que nous servons connais la différence : Les tiens t'ont commandé le meurtre et la vengeance; Et le mien, quand ton bras vient de m'assassiner, M'ordomie de te plaindre et de te pardonner *.

Enfin, c'est encore de Cirey que Voltaire dédia au pape son Mahomet. Nous ne reviendrons pas sur cette pièce,qui s' attaquait ouvertement au fanatisme ,et nous nous contenterons de rappeler certains passages de la lettre par laquelle il en dédiait un exemplaire à Frédéric II,avec qui il était en correspondance depuis deux ans déjà. Voltaire y démontre, en effet, que sa tentative est loin d'être superflue (car, dès le XVIII* siècle, on s'attachait à persuader le public qu'il n'avait plus rien à craindre du fanatisme). < Ceux qui diront que les temps de ces crimes sont passés, qu'on ne verra plus

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