û/., acte V.BO. VIT
376 iiistoirf: de la tolérante religibusk
de Barchobécas.deMahomet.de JeandeLeyde,etc., que les flammes des guerres de religion Bont éteintes, font, ce me semble, trop d'honnem- à la nature humaine. Le même poison subsiste encore, quoique moins développé : cette peste, qui semble étouffée, reproduit de temps en temps des germes capables d'infecter la terre '. » li remarque en outre qu'il s'est trouvé des historiens pour excuser les crimes des fanatiques, et en particulier l'historien espagnol Herrer», qui disait que l'assassin de Guillaume le Taciturne avait agi «conformément à l'exemple de notre-Sauveur Jéaus-Christ et de ses apôtres •*. Il ajoutait enfin que, * si la superstition ne se signale pas toujours par ces excès qui sont comptés dans l'histoire des crimes, elle fait dans la société tous le-s petits maux innombrables et journaliers qu'elle peut faire ». Et il cif ait les exemples plus récents de persécutions contre Bayle et surtout contre Wolff.
Il faut rappeler encore que, si Voltaire dédia sa pièce au l»ape, ce ne fut nullement en manière de raillerie. Certes, il écrivait gaîment à d'Argental : «Je dédierai Mahomet au pEpe, et je compte être évêque in partibus infidelium, attendu que cest là mon véritable diocèse ■*. Mais, en réahté Voltaire sachant bien qu'il faut être puissant si l'on veut rêver d'indépendance, ne briguait rien moins qu'un fauteuil académique. Or Mahomet inquiétait au moins ceux dont Voltaire sollicitait les suffrages : la pièce, après trois représentations, venait d'être interdite à Paris sur la dénoneiationdel'infatigableadversairedu poète, l'abbé Desfontaines. La prétendue orthodoxie dont se targuait Voltaire pour le
1. Lttlre ''< s. M. le Toidr Pruate (Rutterdmii, 20 janvier I 742). in
I. XXXV, p. 137-jS. Il est k remarquer (|iie VoltAire admettait encore, sur iu rompte (les prolcstantH.certikïnes c al un luioB courantes ; il dit en ofTet : ' N'a-t-on pli» vu, de nos joikrs. les prr>phrtQa des Ci^\'enn3B tuer,aii nom do Dieii.ceux de leur Becto qui n'étaient pua assez soumis î •
2. Antonio dbToriiebilub ^r.¥,av.R\,Hiatoirr du monde tout Phili ppt
II, 1605. {Trad. fr. de La Ciiste, t. III.)