Frédéric I*en raillait dans une épître en vera français
Depuis quand, dites-moi, Voltaire, Etea-vous donc dégénéré ?
Chez un philosopho épuré.
Quoi, la grôco efficace opère !....
{Let/^de Frédéric, Postdam, 21 mai 1745, in Voltaike, O. C. t. XXXVI. p. 208.)
3. Cité par Desnoirktebres, Voltaire et la société au XVI 11^ siècle Paris, 1871-76, t. II, p. 117.
4. Il 8*agit de la PWncMW de i^ottirré». Cf. t IV. p. 271-318.
mille livres V» Il obtint en effet le droit de la vendre, tout en conservant le titre et les privilèges qui y étaient attachés. Puis il devint successivement historiographe du roi, poète officiel, négociateur, et finalement académicien. Voilà donc Voltaire plus riche et plus puissant que jamais, mais la cabale des envieux réussit à le brouiller avec Mme de Pompadour ; il se retire alors à Sceaux, auprès de la duchesse du Maine, et c'est pour elle qu'il écrit ses premiers contes philo sophiques, assez inoffensifs en apparence, mais dont le scepticisme voilé n'en était pas moins significatif. Par exemple, dans Zadig, il fait une allusion assez directe au dogmatisme de la Sorbonne lorsqu'il raconte que les prêtres firent condamner le sage pour avoîr déclaré que les étoiles ne se couchaient pas dans la mer". L'ironie était d'ailleurs beaucoup plus explicite et plus agressive dans son Histoire des voyages de Scarmentado, qui parut en cette même année 1747 . il montrait en effet son voyageur chassé successivement de tous les pays de l'Europe et de l'Asie par l'intolérance des peuples et la cruauté de leurs religions, et s'en allant enfin échouer en Afrique,où un chef nègre lui démontre qu'il a parfaitement le droit de le réduire en esclavage, puisque les blancs eux mêmes ont institué cette coutume.
Pendant soU séjour en Prusse, Voltaire ne cesse pas de lutter contre les religions révélées et le fanatisme. Il profite de cette indépendance relative que lui laisse m3meiitan3ment le roi philosophe pour lancer un grand nombre de petites pièces hardies, que, par prudence, il n'avait pas publiées en France ; beaucoup envisageaient soit des questions plutôt politiques ^, soit au contraire des problèmes de philosophie générale *, toutefois la plupart faisaient fréquemment allusion au droit à la liberté de penser ^, sans cependant apporter
.1. (^omment. hiat. sur Vauteur de la Henriade, in 1. 1, p. 88.