Cf. Zadig, oh. XIII, in t. xxi. p
3 Par exemple, la Voix du sage et du peuple.
4. Voltaire profita en particulier de son séjour à Berlin pour répondre aux objections soulevées en France par ses Lettres philosophiquss.
5. En particulier certains dialogues et son roman de Micromégas,
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sur le tapis aucun argument nouveau, ni révéler uneévolu* tion dans les tendances de Voltaire.
Mais il n'en fut plus de même avec le Siècle deLtmisXl F, qui parut en 1752, ni avec V Essai sur les mœtirs, dont la publication commença Tanné suivante. Dans ces deux ouvrages importants, qui, pour beaucoup, resteront toujours des œuvres de polémique, mais qui, à vrai dire, étaient le résultat d'une critique très scientifique, documentée et impartiale, c'est-à-dired' un véritable travail de mise aupoint,Voltaire,en appliquant à l'histoire sa philosophie personnelle, élargissait en même temps son point de vue en ce qui concerne la tolérance. Il est vrai que l'histoire doit être impartiale, mais oeci ne veut pas dire qu'elle doivenécessairement rester apathique et indifférente au bien comme au mal, con^idéré^du moins sous le point de vue social. On admet volontiers que Bossuet aille théologiquement et ouvertement s'efforcer de démontrer le rôle de la Providence dans l'évolution des civilisations humaines, mais on s'irrite que Voltaire cherche à faire la contre-partie méthodique et sans parti pris de cette tentative. Certes, l'œuvre de Voltaire se trouve, par la force des choses n'être pas absolument désintéressée ; il voit en effet,dans cette méthodehistorique,par laquelleilconclut que cequi manqua toujours au bonheur des peuples, ce fut avant tout la liberté de penser, un nouveau moyen de lutter contre l'ennemi dont il a juré la perte; mais, s'il a le tort de négliger un peu dans cette polémique les autres Ubertés,(qui peut-être, lui semblent beaucoup plus illusoires et improbables), du moins jamais sa haine du fanatisme ne lui fait dépasser les bornes d'ime légitime indigna tion.C'est pourquoi, en bien des occasions, nous avons puisé dans les ouvrages historiques de Voltaire; car, sur la plupart des faits et des questions qui se rattachent de près ou de loin à l'évolution du principe de tolérance, il prononça des jugement d'une valeur définitive.
Une fois de plus cependant, Voltaire allait apprécier qu'il manquait un peu de souplesse,ou du moins de servilité, pour être un parfait courtisan. Sa brouille avec Frédéric
acheva aussi de le convaincre qu'il lui fallait régner par luimême et se constituer une indépendance de fait, sinon de droit,pourêtreenfînlibrede parler sans entraves et de lutter en conséquence pour la liberté de tous. En quittant la Prusse, il songea toutd'abordà rentrer enFrance;mai8,bien qu'il eût adressé une supplique à Mme de Pompadour,et que Maiesherbes fût intervenu en sa faveur auprès de Choiseul, les audacieuses publications qu'il avait lancées de Postdam lui firent interdire inexorablement tout séjour à Paris ou dans les environs de la capitale. Jugeant la situation plutôt dangereu.^e, il ^'installa (pour plus de sécurité, croyait-il) à Colmar, maif- la ville, et toute cette région de î'Alsace, étaient alors aux mains des jésuites : comme Voltaire nous l'apprend lui-même, quatre ans auparavant,* ces ours noirs avaient fait brûler Bp.yle en effigie »^Ce fut vainement qu'en désespoir de cause. Voltaire communia pour les attendrir ' : la concession leur parut insuffisante, et il dut s'enfuir de nouveau.
Enfin, après ces deux années de vie précaire et fugitive entre l'Allemagne et la France, Voltaire se décide pour la Suisse et achète une maison près de Lausanne, en plein pays calviniste, puis la propriété des Délices, aux environs de Genève. Il se remet immédiatement au trp^vail ; en 1755, il apprend que, sans son autorisation, on imprime la Pucelle; il s'épouvante déjà, mais bientôt se rassure en voyant combien son refuge est inviolable du côté français; au fond, il est même très satisfait qu'on lui ait a'nsi forcé la main pour livrer au public cette polissonnerie dangereuse, que Mme du Châtelet avait toujours tenue impitoyablement sous clef. Il est encore assez jeune pour qu'une fantaisie de ce genre ne diminue pas sa gloire. Et, d'autre part, cette pubb'cation cadrait parfaitement avec son plan de campagne, car, avant de s'attaquer rationnellement et dogmatique-