Cf. Desnoireterres, op, cit., t. v. p
LE XVIir SIÈCLE 3-^1
ment au fanatisme, Voltaire jugeait utile de battre en brèche une fois de plus ces préjugés barbares par une satire que n'eût pas désavouée Rabelais. Il n'était pas inopportun do montrer saint Dominique, le fondateur de l'ordre où se recrutaient les inquisiteurs, Uvré aux flammes infernales et avouant au moine Grisbourdon :
Pour moi, je suis dans la noiro séquelle Très -juste ment, pour avoir autrefois Persécuté ces paiivres albigeois.
Je n'étais pas envoyé pour détruire, Et je suis cuit pour les avoir fait cuire K
Comme son émule du XVI® siècle, c'est à sa verve spirituelle que Voltaire dut une bonne part de son influence.
En 1756, il donna d'ailleurs une seconde édition de V Essai sur les mœurs, augmentée et aggravée, si l'on peut dire. Puis, la même année, il publia son discours sur la Loi naturelle, où non seulement il recommençait, avec son inlassable persévérance, l'apologie du déisme, mais où il s'attaquait également, et sans ménagement aucun, au fanatisme de toutes les sectes religieuses :
On vit plus d'une fois, daas une sainte ivresse, Plus d'un bon catholiqiie, au sortir de la messe. Courant sur son voisin, i)our l'honneur de la foi, Lui crier : « Meurs, impie, ou })ense comme moi ! » Calvin et ses suppôts, guettés par la justice, Dans Paris, en peinture, allèrent au supplice. Servet fut en personne immolé par Calvin.
Si Servet dans (îenève eiit été souverain.
Il eût, pour argiunent contre ses adversaires. Fait serrer d'un lacet le cou des Trinitaires. Ainsi d'Arminius les ennemis nouveaux En Flandre étaient martyrs, en Hollande bourreaux •,
Or, si Voltaire, réfugié en territoire suisse, n'avait rien à craindre du parti catholique, il devait bientôt s'apercevoir