La loi naturelle, iii« partie, in t. ix, p
qu'il était menacé d'autre part, et que les fanatiques de Genève ne lui permettraient pas de s'attaquer à leur Calvin. A cette partie critique, Voltaire ajoutait d'ailleurs de sa^es exhortations :
A la religion discrètement fidèle,
Sois doux, compatissant, sage, indulgent comme elle.
Et, sans noyor autrui, songe à gagner le port *.
Enfin, élargissant son point de vue, il déduit la nécessité de la tolérance d'une nécessité plus générale : les devoirs réciproques de modération et de bienveillance qui s'impo* sent naturellement aux faibles humains :
Mille ennemis cruels assiègent notre vie.
Toujours par nous maudite, et toujours si chérie ; Notre cœur égaré, sans guide et sans appui, Est brûlé de désirs, ou glacé par l'ennui-; Nul de vous n*a \écu sans connaître les larmes. De la société les secourables charmes Consolent nos douleurs au moins quelques instants : Remède encore trop faible à des maux si constants. Ah ! n'empoisonnons pas la douceur qui nous reste. Je crois voir .dos forçats dans un cachot funeste. Se pouvant secourir,riui sur l'autre acharnéfi. Combattre avec les fers dont ils sont enchaînés * .
C'étaitd'ailleurslemêmepointde vue qu'il développait mais peut-être avec une intention un peu difiEérente,dansson poème sur le Désastre de Lisbonne, qui parut également en 1766. Et c'est aussi vers ce moment,entre les années 1765 et 1760, que semble se produire dans les idées de Voltaire une évolution des plus importantes. Voltaire ne se contente plus de railler l'optimisme « béat * de Leibniz et des théologiens ; il démontre qu'il faut bîen admettre que Dieu est tout au moins indifférent aux calamités terrestres, et qu'en tous les cas, on ne sait rien de sa nature ou de son rôle. Voltaire,