‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 253 sur 293 · Let. à Debrus (s. d.), ibid, p · texte numérisé non relu

Let. à Debrus (s. d.), ibid, p

ment quelles furent les alternatives de désespoir et d'enthousiasme chez cette nature primesautière pendant tout€; la durée de cette campagne.

Par exemple, le 2 juillet 1762, il écrit : « J'ai bien peur qu'à Paris on songe peu à cette horrible affaire, — on aurait beau rouer cent innocents, on ne parlera à Paris que d'une pièce nouvelle, et on ne songera qu'à un bon souper *. » Puis, quinze jours plus tard, il annonce joyeusement à Cathala et à Mme Calas :<«Mme la marquise de P

est très touchée,et on en verra les effets avant qu'il soit un mois. L'Europe entière aura le jugement et les juges en horreur, et cet arrêt de tout le public vaut bien un arrêt du Conseil. Il faudra bien que le Conseil rende enfin justice, quand le public l'aura rendu *. » Puis, en octobre, il se désespère à nouveau : « On ne doitpointêtresurpris qu'on se soit ainsi trompé à la cour,et qu'on y ait eu de si fausses notions du tribunal de Toulouse. Le torrent des affaires publiques empêche qu'on ne fasse attention aux affaires des particuliers et, quand on rouerait cent pèresdefamilledansle Languedoc, Versailles n'y prendrait que très peu de part. » De même, lorsque paraissent les mémoires des avocats, il s'exalte aupremier moment, puis, à la réflexion, il se lamente sur leurs imperfections. En outre, il agrémente et varie sa tactique ; il ne craint pas d'écrire à Moultou : « Il faut être très court et un peu salé, sans quoi les ministres et madame de Pompadour, les commis et les femmes de chambre font des papillotes du livre ^. » Et, dans le même esprit, au moment où il s'occupera de l'affaire Sirven, il lui écrira encore : « Comptez que nous sommes tous des imbéciles. Ce n'est point avec des livres qu'on obtient les grâces de la cour, et l'apologétique de Tertullien ne fut pas lue seulement d'un marmiton de cuisine de TEmpereur. — Les bons livres peuvent faire les philosophes.

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