‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 254 sur 293 · Let. à Moxdtou (8 janvier 1763), ibid., p · texte numérisé non relu

Let. à Moxdtou (8 janvier 1763), ibid., p

LE XVlir SIÈCLE 393

encore n'est-ce que chez des jeunes gens Il faut, auprès

des ministres, de très grandes protections et point de livres. Un bon ouvrage peut porter son fruit dans quinze ou vingt ans, mais aujourd'hui il s'agit d'obtenir la protection de Mme de Pompadour. Le grand point est d'intéresser son amour-propre à faire autant de bien à l'Etat que Mme de Maintenon a fait de mal ^. »

D'autre part, Voltaire ne se laisse par circonvenir par les idées préconçues, et admet fort bien qu'on ne soit pas de son avis avant que des arguments concluants aient été présentés. Au début de la campagne, il écrit à Cathala qu'il croit les Calas innocents, mais que les juges ont peut-être cru se conformer aux lois. « Calas, dit-il, avait menacé son fils ; ce fils est trouvé mort chez le père, des chirurgiens déposent qu'il n'a pu se pendre ; l'arrêt peut n'être point injuste. Voilà pourquoi il est très- important de ne point accuser les juges '. » Naturellement, par la suite, il apprécie les faits avec plus de perspicacité ; cependant, cette première impressions subsiste sous une forme noavelle : il évite de joindra à l'affaire Calas des considérations sur d'autres j>rocès analogues et en particulier sur celui desSirven : c'est pourquoi il tenta d'arrêter la publication des Lettres tottlousaines, de Court de Gébelin *, qui consentit à retoucher ou supprimer les passages dangereux ' ; de même il recommanda soigneusèment aux avocats d'éviter toute allusion de ce genre • Enfin, c'est encore un des traits de sa tactique que tantôt il s'apitoie sur le sort de M™' Calas et tantôt s'irrite de ce qu'elle hésite à faire de nombreuses démarches, et de ce qu'elle

L Lei. à MouUou (s. d.), ibid., p. 227.

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