‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 258 sur 293 · Let. au même (g. d.), i6îd., p · texte numérisé non relu

Let. au même (g. d.), i6îd., p

sion du 17 mai, par laquelle on remercie Dieu solennellement dViVoir répandu le sang de ses frères. Enfin, le parlement a défendu, sous des peines corporelles, d'afficher Tarrêt qui justifie la famille Calas. — Ce nouvel excès va indigner TEuropo ; mais je ne sais encore si Versailles ne ménagera pas le parlement de Toulouse ^ » Et, six ans plus tard, après la réhabilitation des Sirven, Voltaire écrit mélancoliquement à Moultou : « Souvenez-vous qu'il n'a fallu que deux heures pour condamner cette vertueuse famille à la mort, et qu'il nous a fallu neuf ans pour lui faire rendre justice *. »

Il n'y a pas lieu d'insister aussi longuement sur le rôle de Voltaire dans l'affaire Sirven ; celle-ci, en effet, n'eut pas le même retentissement que le procès des Calas : il n'y avait eu « malheureusement personne de roué»^^ comme le, disait plaisamment Voltaire lui-même, bien qu'il fût au fond très indigné de cette froideur du public, rebelle à toute émotion s'il n'v trouve l'attrait de la nouveauté. Mais, confiant dans le succès final, Voltaire poursuivait sa campagne, et il ne semblait même pas que son ardeur se ralentît lorsqu'il recevait, de ceux qu'il devait considérer comme ses plus zélés protecteurs, des missives aussi décourageantes que ce billet où Choiseul le raillait ainsi : « Je sais que vous avez pleuré comme un niais de ce que j 'ai opiné dans le Conseil contre la requête de Sirven : vous êtes trop sensible pour un vieillard goguenard tel que vous êtes *. '>

Remarquons encore en passant que l'intervention de Voltaire en faveur de Mlle Camp ' et ce qu'il écrivit à ce sujet se rattachent intimement à la question des mariages protes-

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