‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 259 sur 293 · Let. ù Mme de Fhrian (7 nov. 1765), in t. Xxliv, p · texte numérisé non relu

Let. ù Mme de Fhrian (7 nov. 1765), in t. Xxliv, p

4. Cité par F. CaXmettes, Choiseul et VoUaire, Paris, 1902, p. 221. — On trouvera dans cet ouvrage des remarques intéressantes sur Tœuvro do Choiseul dans les affaires Calas et Sirven.

5. Réflexions philosophiques sur le procès de Mlle Camp, in t. xx\nii, p. 353-58.

tants, dont nous avons précédemment parlé \ Quanta son rôle dans l'affaire de la Barre et d'Etallonde et dans tous ces procès ou conflits particuliers où il plaida en faveur des faibles et des opprimés, il est trop connu, semble-t-il, et d'une signification trop indiscutable pour qu'il soit nécessaire d'y revenir.

On lit encore les mémoires ou les pamphlets que Voltaire publia en ces circonstances' ; mais on s'occupe moins de cet ouvrage plus important, le Traité sur la tolérance, dont l'action sur les esprits, pour être moins directe en ce qui concerne ces cas particuliers, n'en fut pas moins considérable. Comme il semble que ce traité démontre par lui-même combien toute la philosophie de Voltaire, si négative en apparence, est cependant tournée vers un but pratique, la liberté de penser, nous croyons indispensable de l'analyser avec quelque précision.

Bien que Voltaire écrive à Moultou : « Je pense qu'il n'y a d'autre moyen d'obtenir la tolérance que d'inspirer beaucoup d'indifférence pour les préjugés,en montrant pourtant pour ces préjugés mêmes un respect qu'ils ne méritent pas » ^, et bien qu'il dise encore ailleurs :« On ne veut point du tout détruire ce que vous savez (le catholicisme) : ce qui est fondé sur beaucoup d'argent et sur beaucoup d'honneur .-* est fondé sur le roc ; on prétend seulement adoucir l'esprit de ceux qui jouissent de ces honneurs et de cet argent »*, il est naturellement conduit par sa propagande en faveur de la tolérance à lutter ouvertement contre les religions établies, qui toutes sont, dans une certaine mesure, responsables du fana-

1. Cf. § II de la première partie du présent chapitro. — Voltaire est ro\onu à différentes reprises sur cette question spéciale dans les lettres (juUl écrivait à cet époque, et surtout dans le Dictionn. philos., art. « Mariages », § II.

2. Relation de la mort du chevalier de la Barre, in t. xxv, p. 501-16. — Le cri du aang innocent, in t. xxin, p. 375-89. — Cf. également Léon Robert, op. cit.,, p. 111 - 12.

3. Let. à Moultou (8 janv. 1763), in. Let. inéd. sur la toi, p. 169-70.

Page 1