‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 260 sur 293 · Let. à Moultou (12 mai 1776), f6t<f., p · texte numérisé non relu

Let. à Moultou (12 mai 1776), f6t<f., p

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tisme de leurs sectateurs ; de là les hardiesses du Traité ^ur la tolérance, qui contient déjà tout l'essentiel des ouvrages ultérieurs de Voltaire contre le christianisme, et en particulier de la Bible enfin expliquée.

Le plan de l'ouvrage, il faut en convenir, est un peu décousu. Voltaire relate d'abord brièvement les circonstances du procès et du supplice de Jean Calas ', et il en profite pour donner son avis sur les congrégations toulousaines, qui jouèrent dans ce drame un rôle à la fois ridicule et néfaste *.Puis il rappelle comment apparut la Réformeau XVI® sièc!e,et montre que, dès le début,on se contenta de répondre à l'argumentation des novateurs par les anathèmes et les suppUces. Enfin, il aborde son sujet au point de vue le plus général, et se demande en premier lieu si la tolérance est dangereuse : les protestants ont été fanatiques, dit-on ; c'est exôct,maisilsle furent par nécessité,par contagion de l'exemple. A l'heure actuelle, chez eux comme chez tous les contemporains, une évolution s'est produite dans les idées, affirme Voltaire. « La philosophie, la seule philosophie, cette sœur de la religion, a désarmé des mains que la superstition avait si longtemps ensanglantées ; et l'esprit humain, au réveil de son ivre8se,8'est étonné des excès où Tavait emporté le fanatisme ^. » Puis il affirme, un peu à la légère, que la tolérance règne dans une moitié de l'Asie, et qu'il n'en résulte aucun inconvénient pour la tranquilUté des Etats, bien au contraire ; par exemple, le Japon vivait paisibleavec ses douze religions, et c'est seulement lorsque les jésuites y eurent importé, avec la treizième, l'intolérance, que l'on massacra les chrétiens. Enfin, rien ne prouve mieux les avantages de la tolérance, aux yeux de Voltaire, que la prospérité de la Caroline, dont Locke fut le législateur, et de la Pensylvanie \ Il ajoute d'ailleurs que le scepticisme et le

L Cf. Traité sur la tolérance, ch. i et ii, in t, xxv, p. 18-27.

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