Ibid. V, 43-47. — Cf. Ev. selon saint Luc, VI
l'antiquité et le christianisme 41
C'est parce que Ton sera jugé plus tard comme on a jugé ^oî-même * (et cette formule vague peut aussi bien avoir raj)port à la justice humaine qu'à la justice divine). C'est pourquoi l'on doit pardonner de tout cœur à son prochain, et ne pas imiter ce serviteur tenu quitte de sa dette par son maître miséricordieux, et qui, impitoyable créancier, manque d'étrangler à son tour un de ses débiteurs * . C'est pourquoi ^ussi Jésus pardonne à la femme adultère, aucun des phari- .^iens ne s'étant jugé assez irréprochable pour lui jeter la première pierre \ D'ailleurs, tout en déclarant que son joug était -doux \ Jésus ne s'illusionnait guère sur la difficulté qu'il y a-vait à mettre en pratique sa doctrine, car il disait, non sans <iuelque mélancolie « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ^ » Si l'on se remémore aussi la parabole de l'enfant prodigue, celle du bon Samaritain, et bien d'autres encore, on convient avec Voltaire que Jésus prêcha surtout « la douceur, la patience et l'indulgence » '.
Cependant, on peut se demander comment se concilient avec ces sentiments pacifiques certains passages de l'Evangile, et en particulier celui-ci : « Un de ses diciples lui dit : \ Seigneur, permets-moi auparavant d'aller ensevelir mon ^ père. Mais Jésus lui dit : Suis-moi, et laisse les morts ensevelir les morts '. » N'est-ce pas là un exclusivisme peu <3ompatible avec le respect des parents, prêché sans cesse par l'Evangile ? D'autre part, bien qu'il faille, avec Voltaire, •convenir que les versets si souvent utilisés parles adversaires de la tolérance : « Si quelqu'un vient à moi et ne hait pas son père, sa mère, ses frères et ses sœurs, bien plus, s'il ne hait sa propre vie, il ne peut être mon disciple » ^, signifient