Ev. selon saint Matthieu, VIII
S. Ev. selon eaint Luc, XIV, 26.
simplement qu'il ne faut pas balancer entre ses plus chères affections et la religion, il n'en est pas moins vrai que ce passage est commenté en un tout autre sens par saint Matthieu, puisqu'il fait dire par Jésus aux apôtres : • Le frère livrera son frère à la mort et le père son enfant ; le? enfants s'élèveront contre leurs parents et les mettront à mort, et vous serez haïs de tnus à cause de mon nom, mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé Ne pensez pas que je sois
venu apporter la paix sur la terre ; je suis venu apporter.non
la paix, mais l'épée L'homme aura pour ennemis ceux de
sa propre maison '. » Mais, à vrai dire, il est possible que ce soient là des exagérations maladroites de l'Evangéliste, et il serait certes bien difficile de les concilier, sans raisonnement trop subtil, avec les principes fondamentaux de la doctrine morale, avec ceux mêmes qui étaient déjàcontenus dans la doctrine mosaïque. De même Jésus, en chassant les vendeurs du temple, ne faisait que supprimer une profanation défendue par la loi judaïque. Quant à la "parabole dus noces ' et au trop fameux « compelle intrare * ' (sur lequel a si longtemps ergoté Tinfolérance chrétienne, et qui peut-être signifiait simplement : « insiste pour qu'ils entrents.sans indiquer ime nuance de contrainte), nous y voyons de l'exclusivisme religieux, mais non à proprement parler de l'intolérance. Peut-être aussi ne faut-il tirer aucune conclusion de ces mots de Jésus; «Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs ou des brigands '.» Ces paroles sont d'ailleurs rapportées par Jean,le plus intolérant des quatre Evangélistes et certainement le moins véridique.
Ce fut en effet la caractéristique de la doctrine de Jésus d'être généreuse et large au point de vue moral, mais exclusive et absolue au point de vue religieux. Ecoutez-le proclamer sans cesse son mépris pour les païens et les publicains,