Cf. tôtrf., p
rationalisme, nés de la satiété et du dégoût de l'époque pour toutes ces querelles puériles et sanguinaires, doivent nécessairement favoriser l'avènement de la tolérance '.
Au point de vue lég^.l, l'intolérance ne peut, du moins, se réclamer du droit naturel.* Le droit de Tintoléranceestabsurde et barbare ; c'est le droit des tigres : et il est bien plus horrible, car les tigres ne déchirent que pour manger, et nous nous sommes exterminés pour des paragraphes V » Quant au droit humain, il n'a de valeur que s'il se fonde sur le droit naturel. Néanmoins, Voltaire va passer en revue les principales civilisations antiques et examiner quelles furent leurs lois ou leurs coutumes en ce qui concerne la liberté de conscience. En traitant pour notre propre compte ces différents chapitres de l'histoire de la tolorance, nous avons eu déjà i'ocfasion d'indiquer l'opinion personnelle de Voltaire sur 1» plupart des questions intéressantes. Nous ferons donc simplement remarquer que le passage le plus original de son étude historique est un travail de mise au point, une rectification méthodique des exagérations et des erreurs que. depuis dix -huit siècles, les martyrologes et les œuvres des historiens ecclésiastiques avaient répandues à travers le monde sur le sort des chrétiens à Rome ^. Cette critique documentée, et d'une logique très serrée, était véritablement neuve et probante ; Volta:re l'appuyait d'ailleurs d'un chapitre très expUcite sur le « danger des fausses légendes » *. Puis il recherchait dans l'Ancien Testament Jusqu'à quel point la religion judaïque fut intolérante ^,et concluait, après avoir examiné les livres sacrés et considéré les coutumes de la civilisation hébraïque : « Si l'on veut examiner de près le judaïsme, on sera étonné de trouver la plus grande tolérame au milieu des horreurs les plus barbares. C'est une contra-