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HISTOIRB DE LA TULERANCE RELIGIEUSE
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diction, il est vrai ; presque tous les peuples se sont gouvernés par des contradictions. Heureuse celle qui amène des mœurs plus douces quand on a des lois de sang ^ ! » Mais, il faut avouer que c'était là surtout de la part de Voltaire une affirmation de circonstance, car, en d'autres ouvrages, il a souvent taxé d'intolérance la religion israélite. Quant à Jésus, Voltaire établissait aisément qu'il fut essentiellement tolérant ^ ; et,.à cet argument fondamental,reprenant en som me, mais sur une échelle plus réduite, le plandeCastellion, il ajoutait une série de citations empruntées aux chrétiens les plus sincères depuis Tertullien jusqu'à Montesquieu, en passant par saint Bernard et Fénelon ^.
Le chapitre XVI, Dialogue entre un mourant et un homme qui se porte bien, visait plus particuli»^Tement ces odieuses tentatives de conversion « in articulo mortis '> que les lois autorisaient, et faisait une allusion directe à ces prétendue^ rétractations inventées au besoin par les fanatiques pour le bien de leur cause, comme par exemple, celle attribuée à M. de Mon tclar, auteur d'un mémoire sur les mariages protestants et parent de Moultou *. Et à ce propos. Voltaire en venait naturellement à s'attaquer aux jésuites, non moins intolérants et inhumains dans les pays lointains qu'en Europe ; mais, par un bel exemple de modération, lorsque l'ordre eut été expulsé, Voltaire s'empressa d'ajouter une note où il déclarait ne pas vouloir s'acharner sur des vaincus ^.
Il démontrait ensuite que seuls les fanatiques ne méritent pas la tolérance ^, et, s'il affirmait en théiste irréductible que < l'homme a toujours besoin d'un frein», il ne voulait pas du moins qu'on vît là une excuse à l'obscurantisme