Cf. ibid., §§ VI et vu, in t. xxvii, p
3. « Potest de injustitia facere justitiam. Papa est supra jus, contra jus et extra jus. >> (Bellakmin, De romano poniifice, 1. 1, 1. iv.)
4. Cf. Examen important de Milord Bolinghroke, eh. xxxvi, in t. xxvi p. 293.
5. Cf. Dictionn.philos., art. « Annatos », in t. xvii, p. 259-60 ; — Le cri des nations, in t. xxvii, p. 566 ; — Conformez-vous aux temps, in t. xxv, p. 318. — Fragments des instructions pour le prin^t royal de ***, ii, in t. xxvi, p. 441 ; — Mandement d'Alexis, in t. xxv, p. 351.
LE XVIIlc SIÈCLE 405
encore vers Rome, chaque année, près de 400. 000 francs d'argent français ; et cependant, dès 1409, le pape Alexandre V y avait formellement renoncé au concile de Pise ; mais, interdites également par le concile de Baie, par la Pragmatique sanction et par un édit de Charles VII, les annates furent rétablies par François P' lorsqu'il s'aUia à Léon X \ puis supprimées à nouveau par Henri II et Charles IX, et enfin rétablies par Henri IV, qui voulait donner à Rome des preuves palpables de sa conversion. Comme le dit Voltaire, quand on réclame contre un abus de ce genre, « la politique vient, qui ajuste comme elle peut l'usurpation avec Téquité, et l'abus reste » '.
Une autre spoliation atteignait plus directement encore la masse de la population, et, par l'addition de sommes relativement minimes, constituait pour le Saint-Siège un revenu important : c'étaient les droits que prélevaient les autorités ecclésiastiques sur les fidèles désireux d'obtenir des dispenses, des indulgences ou des absolutions. Ces droits, chose curieuse, étaient particulièrement élevés lorsqu'il s'agissait de mariages consanguins : ils allaient alors de quatre-vingt-dix livres pour la parenté au quatrième degré, jusqu'à quatre mille cinq cent trente livreapour la parenté au second degré, sans compter un droit presque aussi élevé pour l'absolution des ♦ plaisirs prématurés ». «Les pauvres, dit Voltaire, no pouvant pas payer des taxes aussi fortes, on leur fait des remises. Il vaut bien mieux tirer la moitié du droit que de ne rien avoir du tout en refusant la dispense^.* Mais ce qui plus encore peut-être irritait Voltaire, c'éta it que les rois eussent permis aux bénédictins, aux bernardins aux chartreux même, d'avoir des mainmortables, c'est-àdire des esclaves^. Il protesta surtout contre les abus de
1 . Cf. Essai sur les mœurs, ch. cxxxviit, in t. xii, p. 3*28.