Décret du 26 mars
4. Cf. UA B C, 14e entretien, in t. xxvu, p. 384-85. — Idées dt La Mothe le Vayer, xu, in t. xxm, p. 491.
furent supprimées aussi par un décret de cette assemblée. Malheureusement, le concordat de 1801 obligea de nouveau les évêques et archevêques (mais eux seulement) à payer une légère redevance à Rome, soi-disant pour l'expédition des bulles les nommant à ces hautes fonctions. Quant au commerce des dispenses, il ne pouvait qu'être autorisé par ce même concordat.
Mais ces abus n'atteignaient l'Etat qu'indirectement : le trafic dépendait évidemment de la bonne volonté des fidèles.Il n'en était plus de même pour la prétention qu'avait manifestée l'Eglise, en particulier dans les huMes In cœna Dominiy de faire dispenser ses représentants de tout impôt, sous prétexte que son bien était le bien des pauvres. Comme le dit fort bien Voltaire, ce n'était pas qu'elle prétendît « ne rien devoir à l'Etat, dont elle tirait tout, car le royaume, quand il a des besoins, est le premier pauvre »*; seulement, elle réclamait le privilège de ne donner que des secours volontaires, ce qui était déjà une atteinte suffisante aux droits de l'Etat ; aussi Voltaire félicitait-il Louis XIV d'avoir, pour plus de certitude, exigé formellement ces dons, que Rome prétendait facultatifs '.
D'ailleurs,une grave question dominait tous ces points de détail,et synthétisait encore en elle,au temps de Voltaire, tous les débats passés et présents entre le Saint-Siège et les Etats où prévalait le catholicisme : c'était la théorie des deux puissances ^.
Sur quelles bases la papauté s'efforçait-elle d'établir ce prétendu droit à la suzeraineté de tous les royaumes chrétiens? Sur des légendes comme,par exemple,l'épiscopat de saint Pierre, sur des interprétations sophistiques des évan-
1. Le cri des ruUions, in t. xxvii, p. 667-68. — Cf. Dictionn. philos., art. « Bullo m, in t. xvin, p. 42-44.