‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 28 sur 293 · Ei\ atian saint Jean, X · texte numérisé non relu

Ei\ atian saint Jean, X

l'antiquité et hR CHRISTIANISME 43

et déclarer à chaque instant qu'au jugement dernier, la justice divine sera impitoyable. ♦ Celui, dit-il, qui croit au lïls a la vie étemelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui * . * Il menace les villes rebelles : « Malheur à toi, Chorazin ! Malheur à toi, Bethsaïda! Car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et Sidon, il y a longtemps qu'elles se seraient repenties sous le sac et la cendre ... Et toi, Capemaoum,seras-tu élevée jusqu'au ciel? Non, tu descendras jusqu'aux enfers... '. » Il prononce enfin cette parole décisive : « Qui n'est pas avec moi est contre moi, qui n'assemble pas avec moi disperse \ » On trouve donc dans la doctrine de Jésus de l'exclusivisme, mais on doit surtout le tenir pour une survivance des dogmes israélites tels que les avaient fijcés les derniers prophètes. C'est là ce que Jules Simon appelle «l'intolérance reUgieuse» du christianisme, et ce dont il a fort bien analysé les causes. « Une religion, dit-il, c'est une doctrine philosophique fondée, non sur une démonstration, mais sur l'autorité. » Cela était déjà vrai de toutes les religions païennes ; mais elles n'avaient pas en général de tradition soUdement étabUe, c'est-à-dire pas de dogme. « Le christianisme, au contraire, avait une tradition consacrée par l'histoire, remontant sans interruption à l'origine du monde, renouvelée et sanctionnée par une révélation dont il nommait l'auteur, dont il disait la date précise, et qui se résumait dans un symbole clair et unique *. » Il en résultait que, si l'on admettait en principe la révélation, si on la tenait pour authentique, la religion chrétienne devenait par suite nécessairement vraie et seule vraie; elle devait donc le proclamer: en un mot, l'intolérance, ou, si l'on préfère, l'exclusivisme religieux devenait, non seulement juste, mais encore indispensable.

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