Cf. Essai sur les mœurs, oh. oxxxix, in t. xii, p
LE XVIIP SIÈCLE 411
juguées par leur prétendu ascétisme i, mais il leur fallait encore s'abaisser devant les papes et leur permettre d'humilier à chaque instant les pouvoirs civils. 4 Henri IV, disait Voltaire,fut assez heureux pour regagner son royaume par sa valeur, par sa clémence et par la messe, mais il ne le fut pas assez pour le réformer. H est triste que ce héros ait reçu le fouet à Rome, comme on le dit, sur les fesses de deux prêtres français . >
Louis XIV, en permettant qu'on réprouvât la harangue de du Perron,et en encourageant les tendances gallicanes, semblait bien avoir fait un premier pas vers la libération des pouvoirs civils de toute ingérence cléricale, ou du moins pontificale. Mais le roi et le clergé français durent finalement se rétracter, et d'ailleurs la fameuse déclaration de l'assemblée du clergé de 1682 n'était, à vrai dire, qu'une profession de foi fort insuffisante ^.
De l'ensemble de son travail historique et critique,Voltaire conclut qu'il faut établir d'abord ce premier principe d'ordre positif :«La politique et la raison exigent,dan3 l'univers entier, que chacun jouisse de son bien, et que tout Etat soit indépendant ^.% « Souveraineté et dépendance sont con* tradictoires. Toute monarchie, toute république n'a que Dieu pour maître : c'est le droit naturel , c'est le droit de propriété. Deux choses seules peuvent vous en priver : la force d'un brigand usurpateur ou votre imbécillité ^\* C'est pourquoi Voltaire repousse énergiquement la théorie des deux puissances. « On abuse, dit-il, de la distinction entre puissance spirituelle et puissance temporelle : dans ma mai-
1. DicHonn/philoê., art. < Catéchisme ohinoû 9» 4^ entretien, in t. xrni, p. 70.
2. Lettre à Dupaty, in t. XLvi,p. 296. — Cf. Questiona 9ur le^t miracles, 1 8e lettre, in t. xxv, p. 439 ; — Mandement d^ Alexis, in t. xxv, p. 350.
3. Cf. Histoire du Parlement, ch. xlvi, in t. xvi, p. 14; — Siècle de Louis XIV, oh. xxv, in t. xv, p. 7-14.