‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 274 sur 293 · Con/ormez-BOUK aux temps, m t. X.S.V, p · texte numérisé non relu

Con/ormez-BOUK aux temps, m t. X.S.V, p

6. EelairciééancrU hialoriqia, 23= sottise de Nonotto, in t. xxrr, p. 508-

LE XVIir SièCLK 415

pouvoirs qu'avaient usurpés les prêtres *. « Mais, conclut Vbltaire,non sans mélancolie,le8 princes n'en mettront pas moins les philosophes à la Bastille, comme nous tuons les bœufs qui ont labouré nos terres *. » Peut-être, il est vrai, lorsque Voltaire leur lançait cette vigoureuse apostrophe en faveur de la Uberté d'écrire :

Rois, qui brisa les fers dont vous étiez chargés 7 Qui put vous affianchii de vos vieux préjugés î Quelle main favorable à vos grandeurs suprêmes A du triple bandeau vengé cent diadèmes ?

Qui, du fond de son puits, tirant la vérité, A su donner une âme au public hébété ? Les livres ont tout fait ^,

peut-être alors les souverains auraient-ils pu répondre qu'en séparant l'Etat de PEgUse (ce qui détruisait au surplus la doctrine du droit divin de la monarchie), et en instruisant simultanément le peuple,les philosophes conduiraient nécessairement celui-ci à se demander si l'Eglise avait été seule à usurper les pouvoirs temporels.

Quoi qu'il en soit, après avoir réclamé l'indépendance absolue de l'Etat à l'égard de l'EgHse, Voltaire croit devoir admettre également pour celle-ci le droit d'être indépendante à l'égard de l'Etat. Il est particuUèrement affirmatif sur ce point dans une lettre au pasteur Bertrand, où il se demande si les conséquences lointaines de l'affaire Calas seront aussi favorables à la tolérance, qu'on pourrait l'espérer en un pays où les hommes seraient plus sages et moins attachés aux préjugés. « Ils ne savent pas, dit-il, qu'il faut séparer toute espèce de reUgion de toute espèce de gouvernement ; que la reUgion ne doit pas être plus une affaire d'Etat que la manière de faire la cuisine ; qu'il doit être permis de prier Dieu à sa mode comme de manger suivant son*

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