‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 276 sur 293 · Ltttrrs phitoHophiqiu», let. v, in t. xxv, p. flô · texte numérisé non relu

Ltttrrs phitoHophiqiu», let. v, in t. xxv, p. flô

LE Xyill** SIÈCLE 417

♦ Il n'y a que votre illustre souveraine qui ait raison : elle paye les prêtres, elle ouvre leur bouche et la ferme ; ils sont à ses ordres et tout est tranquille*.» Enfin,lorsqu'il cherchait, dans le Dictionnaire philosophique, à établir quelle doit être l'attitude respective du prêtre et du magistrat, il concluait également qu'il ne saurait y avoir accord entre le sacerdoce et le gouvernement, mais bien protection donnée pa?* le gouvernement au sacerdoce. « Le magistrat, disait-il, doit soutenir et contenir le prêtre, comme le père de famille doit donner de la considération au précepteur de ses enfants et empêcher qu'il n'en abuse '. *

Maisfaut-il conclure de là qu'après avoir été partisan de l'absolutisme civil lors de son voyage en Angleterre,Voltaire devint sépPiratiste vers 1760, puis en revint peu après à la théorie de l'Eglise soumise à l'Etat ^ ? Nous ne le croyons pas. D'abord, on ne doit tenir compte des affirmations involontairesquilui échappent au courant de la plume, dans une correspondance à bâtons rompus, qu'autant qu'elles concordent avec les théories mûrement réfléchies, exposées par lui dans les ouvrages qu'il destinait au grand public. C'est en ces derniers seulement qu'on trouvera la résultante, l'équilibration des tendances et des notions contradictoires dont Voltaire a constitué son opinion définitive. Or, en examinpiUt la totaUté de son œuvre immense, on s'apercevra que sa doctrine est assez cohérente : il repousse également l'absolutisme et l'anarchisme, et conclut en somme à l'indépendance doctrinale des Eglises, mais à leur indispensable soumission aux pouvoirs civils dans le domaine actif.

Une première restriction à la liberté des Eglises consis-

1. Let. au comte de Schouvahw (3 cl6c. 1768), in t. xlvi, p. 178. — Cf. également la correspundance de Voltaire verd 1770/ et ce pasnago de VA B C : 4 Une bonne religion honnête, mort de ma vie, bien établie par acte du Parlement, bien dépendante du souverain, voilà ce qu'il nous faut, et tolérons toutes les autres «►. (L' ABC, 1(K entr., in t. xxvii,p. 365).

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