‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 279 sur 293 · Cf. Les Gucbres, note v, scène vi · texte numérisé non relu

Cf. Les Gucbres, note v, scène vi

les manifeitationa extérieures, c'est-à-dire tout ce côté temporel des religions qui relève évidemment du droit commun. C'est pourquoi il s'est heurté sans cesse à cette fausse antinomie : d'une part, la liberté de conscience est indispensa* ble,et d'autre part les églises doivent être soumises aux lois de l'Etat. Or, la raison principale pour laquelle Voltaire n'a pas poussé plus loin son analyse, c'est qu'il croyait avoir sous la main la solution de cette difficulté. Il voulait, en somme, en revenir à la rebgion d'Etat. Non pas qu'il songeât à rétablir une de ces dangereuses idolâtries du passé, dont il connaissait trop bien les inconvénients*; il repoussait au contraire avec énergie toutes ces religions dans lesquelles « un prêtre qui ne gouverne point se croit déshonoré »^. La nouvelle profession de foi nationale qu'il veut leur substituer aura en effet le double avantage de convenir à tous les peuples, et de n'admettre aucun intermédiaire fictif entre Dieu et l'homme : ce sera la religion du pays imaginaire d'El Dorado, qui ignore prêtres et moines *, la religion de cette admirable Pensylvanie, dont le dogme simple exclut toute subtilité théologique et tout fanatisme^ ; cesera,en un mot, le déisme.

Par conséquent, si la pensée de Voltaire sur les rapports de l'Eglise et de l'Etat fut parfois imprécise, il faut s'en prendre une fois de plus à ce théisme vague et pour ainsi dire platonique, qui n'était pas chez lui une croyance instinctive ^, mais auquel il s'attachait par confiance en la paro-

1 . « Dds princes barbaros dirent à des prûtres barbares : « Trompez « mon peuple pour que je sois mieux servi^et je vous paierai bien. » Lesprôtros ensorcelôront le peuple et détrônèrent les princes^. {Dieu et les hommes, axiomes, in t. xxviii, p. 244). — Cf. W A B C, 5** entretien, in t. xxvii, p. 346; — Le diner du comte de Boulainvi liera, 'J*- entretien, in t. xxvi, p. 550.

2. Questions sur les miracleSy 18" lettre, in t. xxv, p. 439.

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