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de front l'attaque et la défense, sans pouvoir jamais se retirer de Tarène pour juger de plus haut, et en toute sécurité d'espritjde la marche des événements. Voltaire a conscience, il est vrai, que son rôle actif sera pour la postérité son premier titre de gloire ; il n'hésite pas à dire :
J'ose agir sans rieu craindre, ainsi que j'ose écrire . Je fais le bien que j'aime et voilà ma satire. Je voua ai oonfondos, vils calomniateurs.
Détestables bigots, infâmes délateurs ; Je vais mourir content. Le siècle qui doit naître De vos traits empestés me vengera peut-être *.
Mais peu importe ; ce n'est là qu'une preuve de sa perspicacité.
Si Voltaire a accepté ce rôle de défenseur dont personne ne voulait se charger î,c'est que, de son aveu même,la pensée de ces iniquités l'attriste dans ses plaisirs **. Il n'a fait que suivre son instinct, son penchant. « Celui d'un philosophe, dit-il, n'est pas de plaindre les malheureux, c'est de les servir.... Il n'attend rien des hommes, et leur fait tout le bien dont il est capable \ » Voltaire est loin d'être persuadé que le destin lui ait rendu un service personnel en lui procurant cette nouvelle occasion de propagande, a Cette destinée, dit-il, qui m'a fait tantôt goguenard, tantôt sérieux, qui m'a rendu maçon et laboureur, me force à présent de soutenir un roué contre un Parlement. Le fils du roué m'avait fait verser des larmes, je me suis trouvé enchaîné insensiblement à cette épouvantable affaire.... Nous ne réussirons peut-être qu'à faire redire
TarUum religio potuit auadere mahrum /^
(LuoaioB, liv. I, v. 102.)
mais il est important qu'on le redise souvent, et que les