‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 284 sur 293 · CL Let. à d'Argental (21 juin 17«1), in t. xi>t, p · texte numérisé non relu

CL Let. à d'Argental (21 juin 17«1), in t. xi>t, p

3. hpUre Cl V (à ra\it<?nr du Mvto des Trois inifiostatrfi), in t. x, p. 40-1*

listes contre Voltaire et toutes les faiblesses qu'on avait à lui 1 reprocher, s'empressait d'ajouter : « Mais ce jaloux est un octogénaire qui tint toute sa vie son fouet levé sur les tyrans, les fanatiques et les autres grands malfaiteurs de ce monde. Mais cet ingrat, constant ami de Thumanité, a quelquefois secouru le malheureux dans sa détresse et vengé l'innocence opprimée. — Mais cet insensé a introduit la philosophie de Locke et de Newton dans sa patrie, attaqué les préjugés les plus révérés sur la scène, prêché la liberté de penser, inspiré l'esprit de tolérance, soutenu lo bon goût expirant, fait plusieurs actions louables et une multitude d'excellents ouvrages. Son nom est en honneur dans toutes les contrées et durera dans tous les siècles *. » Cet hommage désintéressé et vibrant, qui fait non moins honneur à celui qui l'écrivit qu'à celui qui l'inspira, résume à merveille l'œuvre pratique de Voltaire. De plus, il a le mérite d'insister spécialement sur un point qui nous paraît d'une importance capitale.

En effet, l'amour de l'humanité, la bienveillance, nous semble bien être le facteur dominant dans la tolérance de Voltaire. * Il y a, écrivait-il à Moultou, des philosophes qui ne savent que haïr. J'en connais d'autres qui savent aimer, et j'ose croire que, vous et moi, nous sommes tous deux de cette école *. * Nul plus que lui n'eut conscience de la faiblesse humaine, et des tristesses sans nombre de la vie : c'est pourquoi il raille l'optimisme, c'est pourquoi aussi il juge pernicieuse toute cause nouvelle de discussions irritantes, c'est pourquoi enfin, justifiant par avance la pensée de Schopenhauer, il éprouve un peu de pitié et une involon-

1. Diderot, Let. à Natgeon (1772), in Œuv. corn}*!., Tariri, 1S77, t.xx p. 73.

2. Ut. à Moiiltou (7 avril 1765), in Let, inéd. sur l4X toi, p. 232.

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